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Blockchain, une technologie incontournable
Plus qu'un mot actuellement à la mode dans le monde de la technologie, la blockchain pourra révolutionner différents pans de l'économie mais  également le secteur public luxembourgeois.

Blockchain, une technologie incontournable

Foto: Shutterstock
Plus qu'un mot actuellement à la mode dans le monde de la technologie, la blockchain pourra révolutionner différents pans de l'économie mais également le secteur public luxembourgeois.
Wirtschaft 6 Min. 01.06.2019

Blockchain, une technologie incontournable

Aude FORESTIER
Aude FORESTIER
Fabrice Croiseaux, président du Conseil d'administration de l'association Infrachain, fait le point sur la situation de la blockchain (technologie de stockage d'informations transparente, sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle) au Luxembourg.

Fabrice Croiseaux, on dit que l’histoire de la blockchain a démarré le 6 juillet 2017 au Luxembourg, quelle est la situation de la blockchain aujourd’hui au Grand-Duché ?

En fait, la situation est assez comparable avec la situation de la blockchain en dehors du Grand-Duché de Luxembourg. Il y a eu un fort attrait pour la technologie blockchain et au moins autant pour les cryptomonnaies au moment où tous les cours des cryptomonnaies se sont envolés, faisant le buzz dans les médias et mettant en avant cette nouveauté. Le public, les entreprises et les acteurs ont constaté que les cryptomonnaies étaient différentes de la technologie blockchain. Depuis un an, il y a moins de succès médiatique autour du sujet, principalement parce que les cours ont très fortement baissé. C'était d'ailleurs attendu par tous les analystes et ce n'était pas vraiment une surprise. Il y a moins d'attrait médiatique mais néanmoins comme je le disais en introduction de cette journée (NDLR: Infrachain Summit du 23 mai 2019) beaucoup de travaux ont continué.

En fait, la situation est bonne?

Oui, la situation est assez bonne. Certains projets sont quasiment prêts à aller en production. Cette annonce du ministre Hansen ce matin (NDLR : le 23 mai 2019) de la volonté du Luxembourg d'être un acteur important du monde blockchain et d’en mettre une en place à destination de ses propres cas d'utilisation pour le secteur public est une annonce forte qui met en avant la volonté du Grand-Duché d'exploiter au maximum cette technologie et comment mieux l'exploiter qu'en l'utilisant pour ses propres besoins.

Peut-on encore dire que la blockchain est uniquement une affaire de Big Four et de start-up ?

Non, ce n'est pas uniquement une affaire de Big Four et de start-up. Certaines entreprises notamment dans le secteur financier ont réellement investi de l'argent, des moyens pour utiliser la technologie. La France a annoncé une initiative entre des acteurs publics et privés pour l'authentification de documents notamment les justificatifs d'adresse. On commence à voir des écosystèmes et des cas d'utilisation concrets qui apparaissent sur la blockchain. Ce ne sont pas des start-up mais des grosses entreprises du CAC 40 qui réalisent ces projets. Il n’est pas, en revanche, impossible qu'elles aient été accompagnées par des Big Four.

On parle de la blockchain dans la finance mais est-ce qu'il y a d'autres domaines dans lesquels on peut voir une application de la blockchain aujourd'hui ?

Le secteur public en est un. En fait, potentiellement tous les domaines pour lesquels des acteurs indépendants voire concurrents doivent collaborer très fortement, la logistique par exemple. Quand un colis transite entre Amazon, DHL et la poste locale, des acteurs différents interviennent sur la même chaîne de valeur. Dans ces cas-là, utiliser la blockchain pour sa fonctionnalité principale, qui est la capacité à échanger de façon sécurisée de la valeur sans passer par un tiers de confiance, est tout à fait sensé.

Quel impact la blockchain peut-elle avoir sur l'économie luxembourgeoise?

L'impact sur l'économie luxembourgeoise commencera à se faire sentir quand l'infrastructure sera en place. Dans le secteur public, la décision a été prise de mettre en place cette infrastructure. Quand de nombreux processus du secteur public seront mis en place sur cette blockchain, les coûts administratifs pour les entreprises et pour l’État vont diminuer de façon assez importante. Le coût administratif et le coût de la conformité pour avoir le droit d'opérer sur le marché luxembourgeois vont être diminués, ce qui va attirer des entreprises et favoriser les relations d’affaires pour la place luxembourgeoise. Le secteur d’activité le plus important au Luxembourg reste le secteur financier et c’est celui qui d’après tous les analystes pourrait être le plus transformé par la technologie blockchain. Ici, il y a un véritable risque à ne rien faire. J'ai personnellement la conviction que l'infrastructure blockchain publique hébergera une bonne partie des transactions financières de demain. Progressivement, de plus en plus de services financiers classiques vont migrer sur la technologie blockchain.

Fabrice Croiseaux est le président du Conseil d'administration de l'association Infrachain.
Fabrice Croiseaux est le président du Conseil d'administration de l'association Infrachain.
Photo: Pierre Matgé


Quels seraient les gains possibles de cette migration?

Les gains possibles sont énormes et le système résultant sera très probablement plus sûr et plus résistant à la fraude que le système actuel. L’importance du secteur financier au Luxembourg couplée au potentiel de transformation de la blockchain induit un risque important à ne rien faire. La bonne nouvelle, c'est que des travaux sont en cours. Du côté législation, une première loi a vu le jour afin de sécuriser l’usage de la technologie blockchain pour la propriété et le transfert des titres. Une étude est en cours pour étendre le périmètre. Côté entreprises, il y a des projets assez ambitieux comme FundsDLT par exemple, une initiative de la Bourse de Luxembourg pour mettre en place une plate-forme de distribution de fonds sur blockchain. Des start-up comme Tokeny, VNX ou Scorechain se sont développées et un véritable «écosystème blockchain» commence à émerger. L’enjeu est maintenant de fédérer ces initiatives autour de standards communs qui faciliteront l’interopérabilité entre ses services complémentaires.

En quoi consiste la loi du 1er mars 2019 sur la circulation des titres via la blockchain?

Pour simplifier, la loi dit qu'il est possible d'utiliser la technologie blockchain pour matérialiser la preuve de propriété d'un titre et la preuve du transfert d'un titre. En fait, ce que dit vraiment la loi, c’est qu’il n’est pas interdit d’utiliser la blockchain pour ces services, ce qui est très important pour les entrepreneurs parce que cela lève une partie de l’incertitude qui pouvait régner sur ces sujets. Des travaux se poursuivent, notamment autour de l’émission de titres sur blockchain.

Le Luxembourg est-il le premier pays à faire une loi?

La France a aussi une loi qui concerne les mini-bonds et les titres non cotés. Le périmètre d'application de la loi française est plus restrictif que celui de la loi luxembourgeoise parce que pour peu que nous continuions dans cette direction, tout instrument financier est potentiellement concerné par la loi luxembourgeoise, ce qui n'est pas le cas en France. Le Luxembourg est le premier en Europe à voter une loi qui est aussi large par son potentiel d'application.


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Quel avenir voyez-vous pour la blockchain au Luxembourg?

Je pense que la blockchain publique, très probablement celle basée sur l'Ethereum, deviendra l'infrastructure de base pour de nombreux services. Pour être plus précis, dans un futur plus ou moins proche, les acteurs du secteurs financiers n’auront plus besoin de mettre en œuvre des systèmes d’informations spécifiques pour la gestion des comptes cash et titres de leur client. Ils n’auront qu’à se connecter à la blockchain. Aujourd'hui la technologie n'est pas prête pour héberger tous les cas d'utilisation mais elle évolue et les prochaines versions intégreront la confidentialité et un niveau de performance compatible avec les besoins du secteur. Il sera alors possible d’utiliser la blockchain pour déployer n’importe quel produit financier. De nouvelles chaînes de valeur vont se créer, favorisant l’inclusion financière tout en augmentant la protection des investisseurs et la mise en œuvre de la compliance.


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