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Accès des réfugiés au marché du travail: Nicolas Schmit veut réduire les délais
Wirtschaft 4 Min. 09.09.2015

Accès des réfugiés au marché du travail: Nicolas Schmit veut réduire les délais

Nicolas Schmit: "Nous devons faire tout ce qui est nécessaire afin qu'aucune procédure administrative n'ait une durée supérieure à neuf mois". (Photo: Guy Jallay)

Accès des réfugiés au marché du travail: Nicolas Schmit veut réduire les délais

Nicolas Schmit: "Nous devons faire tout ce qui est nécessaire afin qu'aucune procédure administrative n'ait une durée supérieure à neuf mois". (Photo: Guy Jallay)
Guy Jallay
Wirtschaft 4 Min. 09.09.2015

Accès des réfugiés au marché du travail: Nicolas Schmit veut réduire les délais

Au Luxembourg comme ailleurs, les réfugiés doivent surmonter un grand nombre d'obstacles avant de trouver un premier emploi. Le ministre du Travail Nicolas Schmit plaide pour un raccourcissement des délais.

(ndp).- «Les réfugiés veulent travailler!» Pour Laura Zuccoli, présidente de l'Association de soutien aux travailleurs immigrés (Asti) c'est une évidence: «Ils viennent ici pour construire une nouvelle et meilleure vie et non pas pour être dépendant de la Caisse de maladie!».

Alors qu'en Allemagne les réfugiés sont autorisés à travailler trois mois après leur arrivée, au Grand-Duché ils sont dans l'obligation d'attendre neuf mois après l'introduction de leur requête pour avoir accès au marché du travail. La législation actuelle prévoit que le ministre peut délivrer aux «demandeurs de protection internationale» (DPI) une «autorisation d'occupation temporaire» (AOT) d'une durée de six mois, renouvelable, qui est interrompue si la demande de protection est définitivement rejetée. En 2014, la Direction de l'immigration a délivré 28 AOT à des demandeurs en cours de procédure.

«La motivation des réfugiés à travailler est très grande. Malheureusement, nous remarquons que les réfugiés doivent surmonter un grand nombre d'obstacles avant de trouver un premier emploi. Pour la grande majorité d'entre eux, il paraît évident qu'ils ne vont pas retourner chez eux et qu'ils sont éligibles au statut de réfugié», explique Laura Zuccoli.

Le «Lëtzebuerger Flüchtlingsrot» (LFR) plaide depuis des mois pour un assouplissement de la législation. Dans son avis sur les directives relatives à la refonte du «paquet asile», le LFR invite le gouvernement luxembourgeois à faciliter l'accès au marché de l'emploi «en raccourcissant, voire en supprimant le délai d'attente, et en révisant la procédure administrative qui ne permet pas l'accès effectif au marché de l'emploi». Il rappelle qu'un accès au travail rapide de ces demandeurs peut «prévenir leur exclusion de la société d'accueil et favoriser leur autosuffisance», permettant ainsi de diminuer le versement de prestations sociales de la part de l'Etat.

La question des 9 mois

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Economie sociale et solidaire Nicolas Schmit voudrait lui aussi en finir avec ces procédures d'asile trop longues. «Nous avons évoqué ce sujet lors du dernier conseil de gouvernement. Je suis d'avis que nous devons maintenant faire tout ce qui est nécessaire afin qu'aucune procédure administrative n'ait une durée supérieure à neuf mois. Il s'agit ici manifestement de réfugiés qui fuient les persécutions et les zones de guerre. En conséquence, nous devons statuer plus rapidement sur leur demande d'asile. Une fois leur statut de réfugié reconnu, ils auront directement accès au marché de l'emploi. La question des neuf mois ne se posera donc plus».

Le ministre pointe également la nécessité d'offrir un accompagnement adapté d'aide à l'emploi. «Il reste la barrière de la langue et l'orientation vers des formations. Nous devons veiller à ce que les réfugiés aient accès à ces services. Le gouvernement est prêt, en tout cas, à se donner les moyens pour accompagner ces réfugiés sur le chemin du marché de travail».

Ce qu'en pensent les employeurs

Mais qu'en pensent les employeurs eux-mêmes? Les patrons luxembourgeois ne se montrent pas insensibles à la crise qui est en cours. «Tous ceux qui veulent et sont motivés à travailler sont les bienvenus», souligne François Koepp, secrétaire général de l'Horesca, la fédération des hôteliers, restaurateurs et cafetiers du Luxembourg, qui représente quelque 2.900 entreprises dans le pays. Un secteur où de nombreux postes demeurent toujours vacants. «Pour le moment, nous disposons suffisamment de personnel non qualifié, même si la motivation des salariés laisse parfois à désirer. En revanche, entre 500 et 800 postes qualifiés ne sont toujours pas pourvus en cuisine et service», explique le secrétaire général.

La Fédération des artisans se montre quant à elle prudente: «Pour l'instant nous ne savons pas combien ils sont et quelles sont leurs qualifications professionnelles», souligne son directeur Romain Schmit. «En tant que fédération, nous ne sommes pas forcément demandeurs, mais si une personne dispose d'un profil qualifié et adapté, nous sommes prêts à donner un coup de main».

La Fédération est aussi soucieuse de ne pas répéter les erreurs du passé. Au début des années 2000, dans le cadre de la grande procédure de régularisation des sans papiers, un accord du gouvernement prévoyait des aides étatiques aux entreprises souhaitant mettre à l'épreuve et engager un candidat. Dans ce contexte, la Fédération avait mis sur pied un «assessment center» qui devait évaluer les qualifications des personnes concernées. «Nous nous sommes retrouvés pendant deux semaines à la Cloche d'Or pour évaluer les profils des candidats. Mais l'expérience s'est avérée être une opération à grands frais pour pas grand-chose en fin de compte...».


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