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A la tête de WebForce3: Alain Assouline: "Les besoins vont exploser!"
Wirtschaft 1 5 Min. 22.10.2015

A la tête de WebForce3: Alain Assouline: "Les besoins vont exploser!"

Wirtschaft 1 5 Min. 22.10.2015

A la tête de WebForce3: Alain Assouline: "Les besoins vont exploser!"

Le créateur de l'école de codage WebForce3, qui ouvre une antenne à Belval, Alain Assouline l'assure: les besoins en codeurs vont exploser dans les années qui viennent. Mercredi, il sélectionnait sa première promotion à l'ADEM.

Le Luxembourg, comme la plupart des pays européens, manque de codeurs, main d'oeuvre essentielle au développement du numérique. Alain Assouline a lancé il y a deux ans à Paris une école aux statistiques impressionnantes, WebForce3. Mercredi, à l'ADEM, il rencontrait les candidats à la première promotion, dès la mi-novembre à Belval.

M. Assouline, on entend régulièrement parler de Xavier Niels, voire d'Epitech qui a une antenne pas très loin d'ici, mais on vous connaît peut-être moins au Luxembourg. Racontez-nous votre histoire!

Alain Assouline: Je suis à la tête d'une entreprise de communication interactive, Les Argonautes. Et je suis tout le temps embêté quand je dois trouver un codeur, un développeur, pour les choses que je veux lancer. Au point d'avoir créé une structure en Tunisie où j'ai vingt codeurs. Mais je me suis dit qu'au lieu d'aller chercher des compétences ailleurs, je pourrai les former ici. C'est là que commence l'aventure WebForce3, fin 2013.

   Les sociétés embauchent des ingénieurs à bac+4 ou +5 qu'elles doivent payer à ce prix et qui au bout de deux ans n'ont plus du tout envie de coder mais de mener des projets de développement  

Une entreprise qui est déjà un succès tant du point de vue des statistiques de retour à l'emploi que de développements...

Oui, puisque 80% de nos élèves trouvent directement du travail, ce qui est quand même le postulat de base. En France, l'objectif était de travailler avec Pole Emploi pour réinsérer des demandeurs d'emploi sur le marché du travail, voire des jeunes en situation de décrochage scolaire. D'ailleurs, 10 autres pourcents décident de reprendre leurs études après notre formation qui les amène à un niveau bac+2. Nous travaillons aussi à un projet très particulier de réinsertion dans les quartiers difficiles, ce qu'on appelle les banlieues. L'école rencontre un certain succès puisque nous avons commencé avec cinq écoles. Il y en aura quinze avant la fin de l'année et nous monterons à 25 en 2016, sans parler de l'exportation du concept au Luxembourg et en Espagne, par exemple.

Au Luxembourg, le problème de la main d'oeuvre pour les sociétés de l'ICT est récurrent, au point que tout le monde a ses petites habitudes, de la location de services pour ne pas avoir à recruter au recours à des sociétés en Ukraine par exemple. Pour une bonne raison: le coût de la main d'oeuvre. Qu'est-ce que votre école peut bien changer dans ce contexte particulier?

Je ne crois pas que votre contexte soit plus particulier que celui que je connais bien en France. La vérité, c'est que les sociétés embauchent des ingénieurs à bac+4 ou +5 qu'elles doivent payer à ce prix et qui au bout de deux ans n'ont plus du tout envie de coder mais de mener des projets de développement. Notre école va former des codeurs juniors qui seront deux à trois fois moins chers mais qui auront la possibilité de se retrouver directement en prise avec le marché du travail. D'ailleurs, au Luxembourg comme en France, des sociétés sont venues nous dire leur intérêt pour l'école, leur envie de recruter chez nous à la sortie de la formation intensive. Vanksen ou Kneip ont venues comme ça, par l'intermédiaire du réseau de Laurent Probst, de l'Accélérateur. C'est la clé du succès. Evidemment. D'être en prise avec la réalité du marché.

A propos du caractère intensif de la formation, 490 heures en trois mois et demi, c'est très intense... Et sans "véritable" professeur.

Notre méthode est très intense, c'est vrai. Elle est donnée par des professionnels qui ont envie de nous rejoindre pour ce projet de formation, ce qui en fait les meilleurs professeurs puisqu'ils sont au fait des dernières évolutions des technologies qu'ils utilisent. L'élève a donc sept heures par jour dans cinq langages plus un projet final, un vrai projet de création de site. Et au bout de chaque journée, il a accès à une plateforme sur laquelle il doit répondre à des QCM, des questionnaires à choix multiples, qui permettent de voir où il y a des lacunes. S'il a un problème, il a alors accès à des fiches de formation qui lui permettent d'aller plus loin. A propos de nos professeurs, je précise que certains de nos élèves ne deviennent pas des codeurs à proprement parler des professeurs de code.

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Vous parlez du mix avec internet pour poursuivre sa formation, la peaufiner, la reprendre. On voit beaucoup de mouvements dans ce secteur-là, des MOOC, les cours en ligne et à distance ou les choses comme la Code Academy américaine, aussi en ligne et gratuite. A quoi bon passer par une école comme la votre?

Nous avons un partenariat avec OpenClassRooms, le plus gros opérateur de cours à distance sur la technologie. Selon eux, seuls 5% de leurs élèves en ligne vont au bout du MOOC. Parce que c'est difficile d'apprendre tout seul, d'aller au bout du cycle... Nous allons proposer à ceux qui suivent certains MOOC de venir chez nous, à l'école, à Paris, par exemple une fois par semaine de 18 heures à 21 heures pour les débloquer s'ils ont un problème, pour échanger, pour recréer le lien entre l'enseignant et l'élève.  Pour faire notre formation en ligne, il faudrait au moins deux ans.

C'est long dans un monde qui bouge très vite...

Et ce n'est pas terminé. Selon la Commission européenne, nous allons avoir 900.000 recrutements ouverts à court terme. A Paris, en neuf mois, le nombre de postes de développeur-concepteur ouverts a été multiplié par 2,5. Les besoins sont énormes en Europe mais ils le sont tout autant en Californie, pourtant souvent présentée comme un berceau des nouvelles technologies. Il faut aussi comprendre que les besoins vont bien au-delà des sociétés technologiques. Les PME s'y mettent. Les administrations aussi, l'Internet des objets. La situation va rester un moment tendue pour la main d'oeuvre en code et développement...

Propos recueillis par Thierry Labro

Le site de l'école.


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