Economie Publié le 14.09.12 17:00

Zone euro: signes de bonne volonté envers la Grèce

Les créanciers de la Grèce n'excluent  plus de lui donner plus de temps pour mettre en place ses réformes comme elle le  souhaitait, au moment où l'Espagne tente de convaincre ses partenaires de ne pas  lui imposer de nouvelles conditions en échange d'un plan de sauvetage.

Photo: AFP

Plusieurs responsables ont profité de la réunion des ministres des Finances  de la zone euro vendredi à Chypre pour donner à Athènes des raisons d'espérer.  

Parmi eux, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine  Lagarde.

«Il y a plusieurs voies pour procéder à des ajustements, le temps peut  être considéré comme une option envisageable», a-t-elle déclaré lors d'une  conférence de presse, faisant suite à la réunion de la zone euro.  

Plusieurs ministres avaient ouvert la porte à cette éventualité un peu plus  tôt.  

«La Grèce a présenté un budget ambitieux. Nous allons lui donner le temps  dont elle a besoin, mais probablement pas plus d'argent», avait affirmé  l'Autrichienne Maria Fekter.   Son homologue néerlandais Jan Kees De Jager, pourtant partisan d'une ligne  dure envers la Grèce, avait estimé que «si le déficit est dans une certaine  mesure pire qu'attendu en raison d'une mauvaise passe économique temporaire, il  pourra y avoir plus de temps» pour que la Grèce mette en oeuvre ses réformes.  «Mais il n'y aura pas plus d'argent», avait-il lui aussi prévenu. 

Le Premier ministre grec Antonis Samaras avait lancé une offensive de charme  cet été pour obtenir un peu de souplesse dans les échéances d'assainissement de  ses finances. 

Jusqu'ici, certains pays dont l'Allemagne craignaient qu'accorder un délai à  Athènes signifie délier une nouvelle fois les cordons de la Bourse.  

«Evidemment, plus de temps se traduit à la longue par un coût plus élevé,  mais quand les ministres disent "pas de rallonge financière", ils veulent dire  "pas de troisième programme d'aide" pour la Grèce», a expliqué un diplomate  européen.  

Aucune décision ferme n'a été prise ce vendredi.

Le chef de l'Eurogroupe  Jean-Claude Juncker a exclu toute décision politique sur la Grèce avant  mi-octobre, renvoyant implicitement au sommet européen des 18-19 octobre.   Mais «je n'attendrai pas le mois de novembre», moment où la Grèce fera face  à des échéances de remboursement, a-t-il dit.  

Sur l'Espagne - autre sujet de préoccupation pour la zone euro - M. Juncker  a indiqué que le pays allait annoncer un nouveau train de réformes d'ici la fin  du mois pour atteindre ses objectifs budgétaires, au moment où des rumeurs ont  refait surface concernant des négociations sur un plan de sauvetage.   

Selon le quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad, la BCE  mène des discussions «informelles» avec le FMI sur la mise sur pied d'un plan  d'aide de 300 milliards d'euros à l'Espagne.  

«Il n'y a pas de négociations en cours. C'est à l'Espagne de faire une  demande. La condition posée» à l'intervention de la BCE «est connue», a affirmé  une porte-parole de la BCE dans une courte déclaration écrite.  

A Nicosie, Mme Lagarde a également démenti l'existence d'»intenses  négociations» avec la BCE sur une aide pour Madrid.   Ces rumeurs surgissent au moment où l'Espagne, sous pression pour demander  un plan de sauvetage pour son économie, rechigne car elle craint de se voir  imposer de nouvelles réformes drastiques.  

Son ministre des Finances, Luis de Guindos, a jugé vendredi qu'un éventuel  plan d'aide global ne nécessitait pas de conditions supplémentaires, assurant  que le programme actuel de réformes et de réduction du déficit était «sur la  bonne voie».  

Autre problème pour Madrid: le mécanisme de recapitalisation directe des  banques via le fonds de secours de la zone euro, le MES, ne devrait pas être en  place début janvier, selon le ministre allemand Wolfgang Schäuble.  

Ce serait «une faute de traîner», a répliqué le ministre français des  Finances Pierre Moscovici, appelant à «aller vite» dans l'instauration de ce  mécanisme qui permettra de recapitaliser les banques sans passer par les Etats,  et donc sans alourdir leur dette.

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