Etudiante en droit à l'université de Paris-Assas, Marion Maréchal-Le Pen a été parachutée il y a seulement quelques semaines dans cette circonscription du Var. Le solide ancrage de l’extrême droite dans ce département (le FN y était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle) lui a ouvert la voie pour réaliser un bon score. Elle a même fait mieux que prévu, grâce notamment à son aplomb digne du reste de la famille Le Pen.
Du coup, elle pourrait devenir, à 22 ans, la plus jeune députée de l'Assemblée nationale.
Pour justifier sa candidature dans une circonscription qu'elle ne connaît pas, l'étudiante parisienne explique être missionnée par son grand-père pour «laver l'affront» de Carpentras, quand le FN avait fait figure d'accusé après la profanation de tombes juives en 1990.
Depuis lundi soir, Marion Maréchal-Le Pen peut réellement croire en ses chances puisque Catherine Arkilovitch, la candidate socialiste, a annoncé son maintien au second tour dans la 3e circonscription du Vaucluse, malgré la consigne du PS, Martine Aubry, pour «faire barrage au Front national».
«J'y vais, je maintiens ma candidature. Ce sont les militants qui l'ont souhaité», a-t-elle déclaré à l'issue d'une réunion avec les sympathisants locaux.
C'est donc Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de Jean-Marie et nièce de Marine, qui pourrait sortir vainqueur dans cette circonscription très ancrée à droite. Au premier tour, elle avait obtenu 34,63% des suffrages, devant le sortant, l'UMP Jean-Michel Ferrand (30,03%).
Catherine Arkilovitch, 62 ans, s'est classée en troisième position avec 21,98% des suffrages. Elle dispose d'une possible réserve de voix avec les suffrages du Front de gauche, qui a attiré 7,76% des exprimés dimanche.
Face à la menace FN, le PS lui avait toutefois demandé lundi matin de «retirer sa candidature». Un désistement républicain que l'élue socialiste a finalement refusé. «Les gens de gauche comptent sur nous, ils ne veulent pas être rayés de la carte en deux secondes», a expliqué Mme Arkilovitch à l'AFP.
«J'aurais préféré qu'elle se retire, mais elle va à l'encontre des décisions de son parti et fait le jeu du FN en se maintenant, je ne pense pas que les électeurs apprécieront», a réagi Jean-Michel Ferrand, 69 ans dont 26 au Palais Bourbon.
A l'inverse, Marion Le Pen a salué, par la voix de son directeur de campagne Maxime Ango, «le courage de Mme Arkilovitch qui a osé affronter l'appareil socialiste».
«Malgré tout, cela reste une candidate et une opposante dans les idées et les valeurs, donc nous continuerons à la combattre, sachant que pour nous, ce n'est pas un second couteau», a déclaré M. Ango, estimant que son maintien «ne facilitait pas plus la donne» au FN.