Lever 8h30 pour voir sur Internet le programme de la journée. Le Tour de France passe à Metz et je suis de reportage. Les festivités commencent à 13h, mais autant y être en avance.
Photos: Raphaël da Silva
Le vrai problème de Metz en ce moment est les travaux titanesques enclenchés dans une grande partie de la ville. En revanche, les 25 km de routes mosellanes où passeront les coureurs ont été remises à quelques semaines avant.
Je croise près de la gare des "bons clients": Jean-Paul et Silke, couple de retraités de Grevenmacher, qui portent fièrement les couleurs des Schleck. On discute quelques instants en promettant de se recroiser en début d'après-midi.
Derrière le Centre Pompidou, des spectateurs s'installent déjà aux places privilégiées. Cinq heures debout risquent quand même de les faire souffrir un brin...
Je croise juste après le déjeuner Madeleine, qui vit dans le Sud du Luxembourg. Elle m'explique que c'est la septième fois qu'elle va voir le Tour en vrai, ce qui explique sa bonne préparation (chaise de camping, boissons fraîches, etc...). Côté frères Schleck, son préféré est Fränk: "plus sérieux, avec un esprit de famille plus fort", résume-t-elle.
Jean-Paul, que je retrouve quelques mètres plus loin, adore Andy depuis ses débuts. Il regrette que son favori ne soit pas là aujourd'hui. "De toute façon, ce Tour, avec seulement deux étapes de montagne, n'est pas pour lui", tempère-t-il. "Mais l'an prochain, il sera premier !", assure-t-il.
Ces supporters m'envoient assez sèchement balader. Il a suffit qu'ils entendent "Internet" pour qu'ils s'effraient. Mais je crois que nous nous sommes tout simplement mal compris.
Malgré le maillot, Arnaud est Lorrain, d'Audun-le-Tiche précisément. C'est comme Madeleine un habitué des routes du Tour. "Je suis même allé voir l'arrivée sur les Champs-Elysées.
Lien (à gauche) m'explique que les deux mastodontes du stand sont sans conteste RadioShack et BMC. C'est la huitième année que ce type de stands se trouvent aux étapes de départ et d'arrivée.
Je reviens en arrière pour m'assoir en haut d'une butte, avec vue sur l'arrivée. En demandant à l'homme déjà installé si je peux me poser à côté de lui, il me répond en anglais que "Yes, I can". On commence à papoter.
Ron est retraité en Floride. Il adore suivre le Tour à la télé, ça lui rappelle les balades qu'il faisait à vélo quand il vivait encore en Californie. Mais il aime aussi pratiquer le sport, la marche en particulier.
Deux "Graoully", ce dragon légendaire vaincu par Saint Clément, se baladent, tranquilles, sous une chaleur étouffante. Coïncidence relevable, ils sont à deux pas des Arènes, là où le monstre était sensé vivre.
Un char rouge passe de temps en temps "au Kärcher" les spectateurs déshydratés. Mais attention, il faut bien crier "Vittel, Vittel" avant.
Je sais bien qu'il faut être indulgent, mais l'animateur de l'après-midi est infernal. Ses remarques frisent le degré zéro, avec des fulgurances aussi remarquables que de demander "Tu aimes le vélo?" à un des jeunes sélectionnés pour la petite boucle. Heureusement, le lapin Nesquik Quicky lui donne matière à blagues vaseuses, quand il ne monopolise pas toute l'attention.
Ron est de bonne compagnie, et je lui traduis de temps en temps ce qui se dit de notable. Par curiosité, je lui demande de me montrer le parcours de l'étape dans le journal promotionnel qu'il a récupéré.
Après avoir envoyé un premier papier, je m'étonne de cette haute grue, vraissemblablement inutile puisque personne ne s'y trouve. Le mystère restera insolvable.
Le monde du Tour se divise en trois catégories, différenciées par les casquettes. Il y a d'abord les curieux qui récupèrent les premiers couvre-chefs publicitaires jetés.
Les personnes plus aisées affichent la casquette officielle. Bien pratique pour se protéger la tête quand on lit un best-seller pour tuer le temps.
Une petite heure avant l'arrivée, des étudiants se joignent à nous en arborant des drapeaux tibétains. Sous ce soleil, ça peut faire de jolies photos.
La "chorégraphie Skoda" est la dernière animation avant l'arrivée des coureurs. L'ensemble est peu gracieux, mais ça doit venir en partie du yéti qui attire toute l'attention.