International Publié le 29.06.12 11:44

Syrie: la réunion de Genève menacée d'échec

Les violences en Syrie ont fait plus de 180  morts jeudi, un des bilans les plus lourds depuis le début du conflit, à la  veille d'une réunion internationale à Genève déjà menacée d'échec par des  objections russes à un plan de transition politique.

Le conflit est de plus en plus sanglant, avec une centaine de victimes chaque jour.
(Photo: AFP)

  Les Etats-Unis, la France ou encore le Royaume-Uni ont déjà laissé entendre  qu'ils boycotteraient la réunion s'il y avait un risque que le plan de  l'émissaire Kofi Annan, qui préconise un gouvernement de transition pour mettre  fin au conflit, ne soit pas adopté.

   Or, le conflit est de plus en plus sanglant, avec des bilans dépassant ces  dernières semaines la centaine de victimes chaque jour. Celui de jeudi a atteint  183 morts, dont une centaine de civils et 60 soldats, selon les chiffres de  l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

   La majorité des victimes civiles, dont plusieurs femmes et enfants, ont péri  à Douma, ville rebelle proche de la capitale et pilonnée chaque jour par  l'armée, selon les militants.

   En plus de 15 mois de révolte, les opérations de répression et, depuis  quelques mois, les combats entre armée et rebelles ont fait plus de 15.800  morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.

   Comme chaque vendredi depuis mars 2011, les militants ont appelé à des  manifestations, se disant «confiants dans la victoire divine» contre le régime  du président Bachar al-Assad.

   Se targuant du soutien d'une partie de la population, M. Assad ne reconnaît  pas la contestation et affirme combattre des «groupes terroristes». Il a accusé  les Occidentaux de soutenir militairement «en sous-main» la rébellion, dans une  interview diffusée jeudi par la télévision d'Etat iranienne.

   Ces derniers jours, les violences se sont rapprochées des centre du pouvoir:  une attaque contre une chaîne officielle a fait sept morts mercredi dans le  centre de Damas, où un attentat à la bombe a fait trois blessés jeudi dans le  parking du palais de justice.

   Parallèlement, après la perte d'un de ses avions de combat abattu il y a une  semaine par la Syrie, la Turquie a envoyé un convoi de véhicules militaires et  une batterie de missiles sol-air à la frontière syrienne, selon les médias turcs.

Une réunion avortée?

   Sur le front diplomatique, des diplomates à l'ONU assuraient jeudi soir que  «de sérieuses menaces» pesaient sur la réunion du «Groupe d'action» sur la Syrie  prévue samedi à Genève, en raison des objections russes au plan Annan.

   Cette réunion doit se tenir en présence des chefs de la diplomatie des  membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie,  Royaume-Uni et France) et de trois Etats arabes, ainsi que des secrétaires  généraux de l'ONU et de la Ligue arabe.

   Mais Moscou, principal allié du régime Assad, a prévenu qu'il n'y avait pas  d'accord final sur le plan Anna et maintenu son refus de toute solution imposée  de l'étranger.

   «La Russie a dans un premier temps donné son accord», a expliqué un  diplomate. Mais depuis la convocation de la conférence, «nous avons l'impression  qu'ils reviennent sur leur position».

   Pour tenter de sauver la réunion, Kofi Annan a convoqué pour vendredi une  réunion préparatoire de hauts fonctionnaires des cinq principales puissances et  s'est entretenu avec leurs ministres des Affaires étrangères.

   Selon un autre diplomate, la tenue de la conférence dépend désormais surtout  des entretiens prévus vendredi à Saint-Pétersbourg entre les chefs de la  diplomatie américaine et russe, Hillary Clinton et Sergueï Lavrov.

   Dans un document en vue de la réunion,  M.  Annan préconise des étapes «claires et irréversibles» vers une transition  démocratique en Syrie, dont un «gouvernement provisoire d'union nationale».

   Ceux dont la présence «pourrait nuire à la crédibilité de la transition et  mettre en danger la stabilité et la réconciliation» seraient exclus de ce  gouvernement d'union, ajoute le texte sans plus de précision.

    Selon des diplomates, cette clause pourrait impliquer un départ du pouvoir  du président Assad, que l'opposition syrienne considère comme une condition  préalable à tout dialogue.

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