Plus de seize mois après le début de la révolte contre son régime, les violences n'ont connu aucun répit mercredi dans le pays, où au moins 214 personnes, dont 124 civils, 62 soldats et 28 rebelles, ont péri selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Il s'agit de la journée la plus sanglante depuis le 4 février où plus de 230 personnes étaient mortes dans le pilonnage de Homs (centre).
Après l'attentat contre le bâtiment de la Sécurité nationale, en plein centre de Damas où se tenait une réunion de hauts responsables de la sécurité, les Etats-Unis ont estimé que le régime était en train de «perdre le contrôle de la Syrie» et souligné l'urgence d'une transition politique pour «éviter une guerre civile longue et sanglante».
Le président Assad n'a depuis fait aucune déclaration ni apparition publique.
A Damas, la vie tournait au ralenti. La majorité des échoppes des rues commerçantes de Salhié et de Chaalane étaient fermées. Et dans celles restées ouvertes, de rares clients s'approvisionnaient à la hâte.
«Les gens ont peur, ils pensent désormais qu'après l'attentat, tout peut arriver», a déclaré un marchand ambulant du quartier de Bab-Touma.
A l'ONU, le Conseil de sécurité devait voter jeudi sur un projet de résolution déposé par les Occidentaux menaçant le régime de sanctions alors que la Russie, alliée de Damas, s'oppose toujours à cette initiative.
Sur le terrain, les combats à Damas, qui avaient débuté dimanche, ont redoublé d'intensité. «Ces combats d'une extrême violence devraient se poursuivrent pendant les prochaines 48 heures pour nettoyer Damas des terroristes avant le début du ramadan», mois de jeûne musulman qui est sur le point de commencer, a indiqué jeudi une source de sécurité dans la capitale.
Depuis le début de la révolte en mars 2011, les autorités qualifient les rebelles de «terroristes» appuyés par des pays étrangers. «Jusqu'à présent, l'armée avait fait preuve de retenue dans ses opérations mais depuis l'attentat, elle est décidée à utiliser toutes les armes en sa possession pour en finir avec les terroristes», a ajouté cette source.
Selon la source de sécurité, «l'armée a demandé à la population de s'éloigner des zones de combats alors que les terroristes cherchent à utiliser les habitants comme boucliers humains». Des centaines d'habitants fuyaient un secteur situé à la périphérie de Mazzé en direction de l'intérieur de ce quartier huppé, «par peur d'une opération d'envergure des forces régulières» à la suite de combats, selon l'OSDH.
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