"Je pense que c'est un propos qui lui a échappé!», s'est exclamé le ministre français du Travail, interrogé sur ce point par des journalistes.
M. Sapin s'exprimait lundi devant la presse à Los Cabos, où se tient jusqu'à mardi le sommet du G20.
Peu auparavant, M. Cameron avait critiqué le projet du président François Hollande de relever l'imposition des contribuables les plus riches, affirmant que lorsque la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, «nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons plus d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni».
«Cela paiera nos services publics et nos écoles», avait ajouté le Premier ministre britannique.
«Je ne sais pas comment on fait pour dérouler un tapis rouge au travers» de la Manche, «il risque de prendre l'eau», a ironisé M. Sapin.
Ce dernier, qui venait de rencontrer l'ensemble des partenaires sociaux au niveau du G20, a assuré que patronat et syndicats étaient «tous d'accord pour dire que la question de la croissance, la question de l'emploi et la question du dialogue social sont des éléments indispensables pour remettre d'aplomb nos économies».
«Il existe des difficultés, il existe des tensions en Europe, les rencontres comme celles-ci sont faites pour avancer, pour faire en sorte que l'on surmonte ces tensions et qu'il y ait des solutions, des propositions», a-t-il affirmé.
Selon lui, beaucoup de monde se préoccupe de la situation en Europe. «Les Européens veulent pouvoir proposer des solutions, y compris à leurs autres partenaires du G20. C'est tout ceci qui est en train de se jouer ici», a-t-il expliqué.
«Les Européens n'ont besoin de personne pour s'entendre mais quand on entend le président de la plus grande économie du monde», Barack Obama, «dire que si l'on veut résoudre les problèmes du monde, il faut à la fois rééquilibrer nos budgets et porter la croissance, ça fait plutôt chaud au coeur du président de la République française qui dit cela depuis de nombreux mois», s'est-il également félicité.
«Une économie ne peut se relever que si elle fonctionne sur ses deux jambes: le sérieux budgétaire d'un côté, et la croissance et l'emploi de l'autre», a-t-il encore dit.