(AFP). - Certains sénateurs ont peu goûté mardi l'ironie de la commissaire européenne Viviane Reding lorsqu'elle a parlé de «paperasserie» et de «blabla» en défendant, face à leurs réticences, la proposition de Bruxelles de protection des données sur internet.
Mme Reding, vice-présidente de la commission européenne chargée de la Justice et des Droits fondamentaux, était auditionnée en commission du Sénat sur cette proposition de législation européenne.
Visant à imposer aux grands groupes de l'internet d'obtenir, sous peine d'amende, le consentement préalable des personnes pour l'utilisation de leurs données personnelles, cette proposition a été immédiatement critiquée pour son mode de mise en oeuvre. La Cnil (commission nationale de l'informatique et des libertés), par exemple, estime que ce serait une «régression», parce que les plaintes d'internautes ne seraient pas traitées par l'autorité de contrôle de leur pays de résidence, mais par celle du pays où est installée l'entreprise visée.
Les sénateurs ont donc fait part à Mme Reding de leur inquiétude de voir appliquer un système européen moins protecteur pour les droits des citoyens que le système français. «Je ne discute pas seulement avec les Français qui ont le meilleur système au monde, mais je discute aussi avec d'autres, qui ont aussi le meilleur système au monde», a déclaré Mme Reding. Il s'agit de «faire de cela un système européen», a-t-elle ajouté, répétant avoir retenu le meilleur des meilleurs systèmes. «Je veux une harmonisation par le haut», a-t-elle insisté.
Par ailleurs, a-t-elle dit, on a «éliminé certaines notifications inutiles, qui ne servaient à rien sinon à produire de la paperasserie». «Je suis luxembourgeoise, on a les deux pieds sur terre, on n'aime pas le grand blabla et l'administration inutile».
15'
12'
17'