International Publié le 16.08.12 20:46

Nucléaire: des «fissures» détectées en France en 2004 ont alerté la Belgique

Des «indications de fissures» découvertes dans des centrales nucléaires françaises en 2004 ont conduit la Belgique à approfondir ses propres contrôles, ce qui a révélé l'existence des problèmes ayant entraîné l'arrêt d'un réacteur à Doel, a indiqué jeudi l'agence belge de contrôle nucléaire.

Le directeur de l'AFCN, Willy De Roovere
Photo: AFP

Des contrôles effectués en 2004 sur l'un des réacteurs de la centrale de Tricastin (sud de la France) ont révélé des «indications de fissures, perpendiculaire à la surface, soit celles qui sont dangereuses», a expliqué le directeur de l'AFCN, Willy De Roovere.

M. De Roovere a précisé que les microfissures découvertes en France étaient principalement des défauts situés entre le métal de base de la cuve et la couche d'acier inoxydable.

Suite aux problèmes en France, la Belgique a donc «voulu savoir si ses réacteurs présentaient les mêmes défauts. La réponse est non, mais nous avons découvert autre chose», a-t-il expliqué.

Des fissures présentes depuis la construction

Le patron de l'AFCN a précisé que les contrôles effectués en juin et juillet ont détecté environ «8.000 possibles fissures» de quelque 20 mm de long dans la partie inférieure de la cuve de Doel 3, vraisemblablement présentes depuis la construction de la cuve dans les années 1970.

Contrairement à celles détectées en France, elles sont parallèles à la paroi de la cuve et présentent donc en principe moins de risques de fragiliser cette structure qui accueille le cœur de la centrale.

«Je ressens un sentiment de malaise»

Néanmoins, les autorités belges ont décidé de maintenir Doel 3 à l'arrêt. «Je ressens un sentiment de malaise en raison du grand nombre» de ces défauts, a expliqué le directeur de l'AFCN.

M. De Roovere a à nouveau fait part de son «scepticisme» quant à la possibilité de relancer ce réacteur de 1.000 MW à la fin du mois de septembre comme le prévoit actuellement son exploitant Electrabel, filiale du français GDF Suez.

Il faudra qu'Electrabel puisse prouver à l'AFCN et à un panel d'experts internationaux que ces défauts ne menacent pas l'intégrité du réacteur.

«Si ça ne passe pas, alors on arrête»

«Cela va être difficile à prouver. Si on considère que ça ne passe pas, alors on arrête» définitivement le réacteur, a-t-il expliqué.

En attendant, la Belgique va analyser l'ensemble de ses réacteurs, en commençant dès septembre par celui de Tihange 2, près de Liège, dont la cuve a été fabriquée par le même constructeur que celle de Dœl 3, une société néerlandaise aujourd'hui disparue.

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