Luxembourg Publié le 14.09.12 06:45

Nicolas Schmit: "Faire de l'ADEM un organe efficace"

Ministre du Travail, Nicolas Schmit prépare une rentrée entièrement axée sur l'emploi. Il vient de donner sa feuille de route à la nouvelle direction tricéphale de l'ADEM. La première population ciblée, sont les jeunes. Aucun jeune ne devra rester plus de quatre mois au chômage sans avoir une proposition concrète.

Photo: Marc Wilwert

Comment un ministre du Travail se ressource-t-il l'été?

Comme beaucoup de gens! Il n'y a pas de formule particulière: se relaxer, lire un peu, être avec sa famille. J'étais dans le Sud de la France et j'ai profité du beau temps, de la mer,... et donc d'un cours moment de distance par rapport aux problèmes.

Quels seront vos dossiers prioritaires pour cette rentrée?

Premièrement, bien sûr, l'emploi! Parce que nous sommes dans une période plutôt critique en terme d'emploi. Deuxièmement, nous travaillons sur des projets de loi que je voudrais finaliser rapidement comme ceux qui portent sur le dialogue social en entreprise et l'emploi des seniors, qui est important.

La question étant de savoir comment est-ce qu'on arrive à garder les personnes plus âgées, c'est-à-dire autour de 50 ans, dans l'emploi? Et comment faire pour que ceux qui travaillent restent dans l'emploi? C'est en liaison avec la réforme des pensions.

L'emploi, l'emploi, l'emploi. C'est clair, je crois que nous avons atteint un niveau de chômage élevé (le taux de chômage est de 6,6%), nous avons des entreprises qui sont en difficultés, voire qui vont fermer. Ensemble avec d'autres ministres et les partenaires sociaux, il faut s'atteler à cette question.

Photo: Marc Wilwert

L'ADEM vient de changer de direction, quel cap lui avez-vous fixé?

La direction de l'ADEM devient tricéphale. Il y a un directeur, M. Géry Meyers, et deux directrices-adjointes, Mmes Gaby Wagner et Isabelle Schlesser. Cela résulte de la nouvelle loi que nous avons voté l'année dernière. C'est une ADEM qui, malgré tout, est une agence de près de 350 personnes. Et une seule personne n'arrive pas à maîtriser tous les domaines qu'une bonne gestion d'une telle agence impose. Leur mission est de faire de l'ADEM un organe efficace au service des demandeurs d'emploi bien sûr et des entreprises qui embauchent.

C'est un des instruments majeurs dans notre volonté de regagner l'initiative sur notre marché de l'emploi. Moderniser l'ADEM ça veut dire un meilleur accueil, un meilleur suivi et une coopération entre l'agent de l'ADEM et le demandeur d'emploi.

Nous sommes en train de mettre en place une convention de collaboration qui codifie cette coopération. Il s'agit d'identifier les forces et les faiblesses des demandeurs d'emploi pour leur offrir des formations adaptées en vue d'améliorer leurs compétences et leur proposer des opportunités d'emploi.

J'ai donné à la direction une feuille de route pour l'année 2012-2013: ils ont des objectifs à atteindre et doivent travailler sur les méthodes de travail de l'ADEM, sur l'approche des demandeurs d'emploi et des employeurs.

Une meilleure ADEM devrait nous permettre, peut-être, de faire baisser le taux de chômage. Mais si la conjoncture économique reste morose, la création d'emplois ne va pas être très bonne.

Photo: Marc Wilwert

Les jeunes, diplômés ou non, souffrent de la crise: quelles sont vos réponses?

Sur la feuille de route (donnée à la direction de l'ADEM, ndlr), il y a une population que je cible en premier: ce sont les jeunes. Il est scandaleux qu'un jeune démarre sa vie active par le chômage. Il faut tout faire pour permettre aux jeunes d'avoir un emploi.

J'ai annoncée la "garantie jeunes". Aucun jeune ne doit rester inscrit pendant plus de quatre mois sans qu'on lui fasse une proposition d'emploi, de formation ou de mesure qui lui permette d'accéder à un emploi. Il faut que le jeune sorte de l'inactivité.

Nous avons beaucoup travaillé sur un projet-pilote de jeunes non diplômés et sommes en train d'en évaluer les premières leçons. C'est une population parfois un peu difficile. Je vais aussi remodeler les "mesures jeunes" avant la fin de l'année.

Un projet de loi va être déposé en octobre qui propose des changements pour être plus efficace et permettre aux jeunes d'accéder à un emploi. Il faut, là aussi, une bonne coopération avec les employeurs. A la fin de la semaine prochaine j'ai une réunion avec l'horeca.

Quelle serait une politique de l'emploi adaptée au pays en 2012?

Je vais justement renforcer notre équipe au ministère avec la venue d'un expert de politique de l'emploi et on va travailler beaucoup plus sur les résultats obtenus: les mesures mises en oeuvre atteignent-elles les résultats escomptés?

Nous sommes aussi dans une période où les budgets sont plus serrés et il faut que les politiques mises en oeuvre soient le plus efficace possible.

Je crois que les politiques de l'emploi c'est bien sûr une ADEM efficace. C'est aussi un investissement dans les formations. Notre chômage, c'est plus de 50% de personnes peu qualifiées, peu formées. Ça peut commencer avec les langues. Donc il faut maintenant axer nos efforts sur le volet formation, c'est une des pistes pour qu'une politique de l'emploi puisse avoir des résultats.

Mais il y a aussi la motivation. Les gens qui cherchent un emploi doivent s'investir eux-mêmes. D'autant que le marché de l'emploi au Luxembourg reste relativement favorable. Les personnes doivent se motiver elle-même pour améliorer leurs compétences et décrocher un emploi puisqu'il y en a encore. Entre avril 2011 et avril 2012, le taux de croissance de l'emploi était de 2,2%.

Les demandes d'asile ont-elles continué à progresser depuis janvier? Comment gérer vous l'afflux?

Les demandes d'asile ont effectivement fortement augmenté. Mais depuis un ou deux mois il semble qu'il y ait un ralentissement. J'attends de voir et préfère rester prudent. Nous avons pris un certain nombre de mesures, peut-être portent-elles un peu?

Nous avons eu des mois, voire des semaines avec un afflux de 60, 70 ou 80 personnes. Ces dernières semaines, nous sommes à un rythme nettement inférieur.

Les demandeurs d'asile ont des droits au titre de la législation nationale et des règles européennes. Là aussi les services ont été étoffés pour répondre au nombre croissant de demandes. Ceux qui ont droit à l'asile vont l'obtenir. Ceux auxquels ont refuse l'asile doivent repartir, voilà le principe. Il y a eu des départs cet été. Et il y en aura encore en automne. Je parle beaucoup des personnes venant des pays des Balkans.

Propos recueillis par Maurice Fick

Suivez-nous sur Twitter

Devenez fan sur Facebook

METEO - Luxembourg ville

Aujourd'hui

08:00

12:00

16:00
Min.: 10°C | Max.: 13°C
Demain

08:00

12:00

16:00
Min.: 7°C | Max.: 16°C
mercredi

08:00

12:00

16:00
Min.: 7°C | Max.: 15°C
jeudi

08:00

12:00

16:00
Min.: 6°C | Max.: 10°C
vendredi

08:00

12:00

16:00
Min.: 4°C | Max.: 7°C