Le décor a changé. Les ambitions aussi. Pékin la Mystérieuse s'est effacée au profit de Londres la Cartésienne et les espoirs ennivrants de médaille ont fui les rangs luxembourgeois, laissant la place à l'effet de surprise.
On ne revivra probablement pas ce moment magique puis tragique des dix derniers kilomètres de la course en ligne de 2008, où Andy Schleck, condamné par le retour un peu fou de Fabian Cancellara, s'était fait souffler une médaille qui lui tendait les bras.
Mais l'émotion olympique va bien au-delà d'une course effrénée au métal. Elle est la récompense d'une somme d'efforts dépensés pendant des années, le fruit de sacrifices et le dividende de crises de larmes qui ponctue des entraînements à l'apparence anodine.
On aurait pu certes pérorer sur l'absence des frères de Mondorf, mais on préfère de loin s'intéresser aux forces en présence. Se pencher sur ces trajectoires singulières qui ont conduit chacun des neuf athlètes à défendre les couleurs luxembourgeoises à partir de ce vendredi dans la capitale anglaise.
Pas un n'est là par hasard. Même pas Laurent Didier, parachuté au dernier moment pour remplacer au pied levé Andy Schleck. Didier, homme de l'ombre par excellence, soudain projeté dans la lumière olympique, trouve là la juste récompense d'une saison passée à bosser pour ses leaders.
Carole Calmes a elle aussi bénéficié d'un zeste de chance. Celui-là même qui lui avait fait défaut il y a quatre ans. La roue a tourné et sa constance a payé.
D'autres ont connu de longues périodes de solitude avant que leur destin ne bascule. Jeff Henckels, qui est en lice ce vendredi matin, resuscité par une sixième place aux Championnats du monde de Turin l'an dernier, renaît à l'ambition après des années de galère.
Gilles Muller, que les blessures n'ont pas épargné, a profité de la fenêtre de beau temps qui s'offrait à lui pour solidifier un classement qui ne pouvait décemment pas le tenir éloigné du rendez-vous quadriennal.
Ni Xia Lian, elle, est toujours restée au contact des plus fines palettes mondiales. Le renoncement a pourtant souvent guetté l'Ettelbruckoise en proie à des maux corporels redondants.
Et puis il y a ceux pour qui ouvrir un second chapitre olympique semblait découler d'une logique implacable. Comme si le chemin entre Pékin et Londres était semé de cailloux blancs qu'il suffisait de ramasser.
Un trompe-l'œil qui n'a pas ébloui Laurent Carnol et Raphaël Stacchiotti. De meetings en meetings, les deux nageurs ont forcé leur destin, compostant des tickets qui ne souffrent aucune discussion.
Marie Muller a elle beaucoup baroudé à travers le monde, filrtant parfois avec la cote d'exclusion, mais au final, la récompense est là. Comme pour Christine Majerus, pour qui le monde olympique se dévoile une première fois.
Il faudra pourtant en faire abstraction pendant un moment. Considérer sa compétition comme une autre. Ne pas se laisser submerger par l'émotion. Ne pas fermer les yeux devant les étoiles. Vivre un rêve éveillé!
à Londres, Christophe Nadin
On y voit de plus en plus clair sur les visages des entraîneurs qui guideront les clubs de BGL Ligue la saison prochaine. Pour peu qu'ils se maintiennent parmi l'élite comme c'est le cas d'Etzella, en ballottage favorable à l'heure actuelle et qui vient d'engager Niki Wagner, l'ancien milieu de terrain de la Jeunesse.
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