Economie Publié le 20.06.12 07:44

Mini-sommet à quatre à Rome pour trouver un compromis sur la zone euro

Les dirigeants des quatre principales  économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie, Espagne) se retrouvent vendredi à Rome pour rapprocher leurs positions avant le sommet européen afin  d'enrayer une crise interminable qui menace directement Madrid et Rome.

Le Premier minsitre italien, Mario Monti, entend jouer un rôle de médiateur entre Paris et Berlin.
Photo: Reuters

Le chef du gouvernement italien Mario Monti, qui entend jouer un rôle de médiateur entre Paris et Berlin, recevra à 13h le président français François Hollande, déjà venu jeudi dernier à Rome, la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue espagnol Mariano Rajoy.  

Ce mini-sommet «sera l'occasion de marquer un certain nombre de  convergences» et de chercher un «compromis» avant le sommet des 28 et 29 juin à Bruxelles, a souligné mardi François Hollande durant le G20 de Los Cabos au Mexique, où les Européens se sont retrouvés sous pression de leurs partenaires.  

Tempérant les attentes, une source gouvernementale italienne prévient  toutefois qu'il ne sera pas question d'arriver à un accord sur des «mesures  détaillées» qui n'interviendra qu'»au niveau européen».  

Toujours en vue de préparer cette échéance, les ministres des Finances de la zone euro se retrouveront de leur côté jeudi à Luxembourg.  

Alors que l'aide aux banques espagnoles et la victoire de la droite aux  élections grecques n'ont pas permis de calmer des marchés qui propulsent les taux d'emprunt de Madrid, et ceux de Rome dans leur sillage, à des niveaux très  inquiétants, le sommet de fin juin apparaît une fois de plus comme crucial.  

L'UE va devoir «définir une feuille de route claire» pour «rendre l'euro  plus crédible» mais aussi pour avoir «plus de croissance», a expliqué M. Monti depuis Los Cabos.  

François Hollande, qui a promis de faire bouger les lignes en faveur de la croissance, a déjà adressé sa propre «feuille de route» à Bruxelles.  

Il y propose notamment de mobiliser 120 milliards d'euros à travers le renforcement de la Banque européenne d'investissement, les project-bonds (emprunts en commun pour financer des infrastructures) et des fonds européens  encore inutilisés.

«Raison d'Etat»

Mais si les dirigeants européens veulent éviter un coup d'épée dans l'eau qui décevrait une fois de plus les marchés, le nouveau président français va devoir absolument trouver un terrain d'entente avec Berlin, apôtre de la rigueur  et de l'intégration budgétaire et politique.  

«Nous pouvons avoir des points de vues qui diffèrent» mais «France et Allemagne (...) doivent travailler ensemble», a martelé M. Hollande tandis qu'à Paris, on assure que les «avancées» sont «considérables» dans les discussions avec Mme Merkel.  

En écho, une source gouvernementale allemande affirme qu'il «relève pour nous de la raison d'Etat de coopérer avec la France».   Les divisions restent pourtant profondes sur de nombreux sujets.  

Sur le front de la croissance, Angela Merkel appelle plutôt à l'adoption de  réformes structurelles visant à renforcer la compétitivité.   Berlin s'oppose par ailleurs à toute mutualisation de la dette sans abandon  de souveraineté budgétaire alors que Paris, soutenu par Mario Monti, veut mettre en place rapidement des «euro-bills», titres de dette à court terme, ou un fonds d'amortissement de la dette, avant la création à plus long terme d'euro-obligations.  

Sur un autre chantier central, celui de l'union bancaire, un consensus se  dégage sur la nécessité d'une supervision intégrée mais l'Allemagne rejette toute garantie commune des dépôts, idée défendue par Paris, Rome et Madrid.  

Berlin est également opposé à l'octroi d'une licence bancaire au Mécanisme  européen de stabilité (MES) afin de lui permettre de recapitaliser directement les banques en difficulté ainsi qu'à l'idée de M. Monti de sortir les investissements stratégiques du calcul du déficit que la France est en revanche  prête à étudier.  

Ce mini-sommet de Rome sera aussi l'occasion pour Angela Merkel de mettre sur la table la question plus consensuelle de la taxe sur les transactions financières.  

Comme l'a souligné son porte-parole, elle espère trouver en François  Hollande «un allié» pour dépasser le blocage notamment de Londres en lançant le processus dans le cadre d'une coopération renforcée, qui nécessite l'adhésion d'au moins neuf Etats membres sur les 27.

La zone euro, contre le reste du monde, résiste plutôt bien au G20

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