International Publié le 07.06.12 15:34

Les subventions publiques aux partis en trompe-l'-oeil des législatives

En France, les subventions publiques aux partis sont calculées à partir des résultats obtenus aux élections législatives. De quoi motiver toutes les stratégies.

Photo : AFP

Chaque année, 1,60 euros par électeur et presque 42 000 euros par député élu. Pour des partis qui peuvent fédérer des millions d'électeurs et obtenir des dizaines d'élus, l'équation des législatives dépassent facilement le strict cadre idéologique.

Il est évident que les deux principaux partis, PS et UMP, sont les mieux lottis pour recevoir une grosse enveloppe. Pour les conservateurs, il s'agit de limiter la casse au maximum, pour les socialistes de réaliser la meilleure performance.

Au jeu des électeurs, les deux mastodontes de droite comme de gauche devraient, si les sondages se vérifient, obtenir à peu près les mêmes sommes. Mais en nombre d'élus, le PS pourrait dépasser largement l'UMP, surtout en cas de triangulaires.

Des stratégies diverses chez les petits partis

Du côté des autres partis, les stratégies divergent. Au FN, la dynamique créée par le bon score de Marine Le Pen le soir du 22 avril devrait permettre au parti d'extrême droite de se remettre un peu sur les rails en effaçant un paquet de dettes.

En soi, le changement de nom "symbolique" du FN en "Rassemblement Bleu Marine" peut apparaître comme une bonne manière de s'offrir une virginité, et donc d'élargir son électorat classique, en ne changeant rien au programme de base du parti.

Du côté d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), les choses sont plus compliquées. D'abord, sa candidate Eva Joly n'a pas bougé les foules en ne récoltant que 2% des voix du premier tour de l'élection présidentielle.

Mais EELV a négocié bien avant un accord avec le PS pour se faire offrir des circonscriptions acquises à la gauche. Bien qu'il ne soit pas respecté à la lettre, ce marché devrait permettre au parti écologiste de sauver les meubles.

Ce luxe, le Front de Gauche ne l'a pas. Uni jusqu'au second tour des législatives, le partage des subventions pourrait s'avérer sanglant, notamment si le Parti communiste, habitué à gouverner avec le PS, décidait de se désolidariser du Parti de gauche de Mélenchon.

Les centristes préfèrent la jouer pragmatique avec "Le centre pour la France", directement lié au Modem de François Bayrou. L'objectif est de faire l'union sacrée pour tenter d'avoir quelques élus plutôt que de diluer les voix du centre entre plusieurs candidats.

Ce chapitre ne concerne que le financement public des partis. Le financement privé réserve quant à lui beaucoup de contournements juridiques et demeure plutôt opaque.

La création de micros partis satellites de formations plus grandes, financés par les mêmes particuliers pour finalement redistribuer l'argent vers la maison mère, est un exemple.

Raphaël da Silva

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