(AFP). - «Nous ne voulons plus que les contribuables paient, les banques doivent payer pour les banques», a insisté M. Barnier au cours d'une conférence de presse. Il a souligné que ces propositions n'étaient «pas faites pour traiter les crises d'aujourd'hui» comme celle du secteur bancaire espagnol, mais pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation à l'avenir, et pour «casser le lien entre les crises bancaires et les finances publiques».
Le cadre prévoit trois étapes
- Dans un premier temps, au stade de la prévention, les banques et les autorités chargées de la résolution des crises bancaires auront notamment l'obligation de mettre en place des plans de résolution et de redressement.
- Dans une deuxième phase, si une banque ne respecte plus ou risque de ne plus respecter ses exigences de fonds propres, les autorités de surveillance pourront intervenir en exigeant par exemple qu'elle mette en oeuvre les mesures prévues par son plan de redressement, ou en nommant un administrateur spécial pour une durée limitée.
- Enfin, dans un troisième temps, si les mesures prises jusque-là ne permettent pas d'empêcher que la banque fasse défaut ou menace de faire défaut, quatre instruments pourront être utilisés. Les autorités pourront vendre à une autre banque tout ou partie de la banque défaillante; un établissement relais pourra être créé pour regrouper les actifs sains avant qu'ils soient cédés à une autre entité; les actifs douteux pourront être placés dans une banque de défaisance (»bad bank»); et enfin un renflouemet interne (»bail-in») pourra être mis en oeuvre, mettant à contribution créanciers et actionnaires.
Pour fonctionner, ce système nécessitera la création de fonds de résolution financés par les banques, dont le montant devra atteindre 1% des dépôts couverts dans un délai de 10 ans. Les Etats pourront aussi fusionner ces fonds de résolution avec les systèmes de garantie de dépôts. M. Barnier a estimé qu'il faudrait «une année, si nous allons vite» pour que cette proposition législative soit approuvée par les Etats et le Parlement européen.