Il n'existe aucune donnée officielle sur les réserves dont peut disposer la Syrie, le pays n'étant pas membre de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Pourtant, le Wall Street Journal estime que le régime dispose du plus grand arsenal au Moyen Orient.
D'après Ely Karmon, chercheur en problématique stratégique et en contre-terrorisme au centre interdisciplinaire de Herzliya (Israël), le pays posséderait même l'un des plus gros arsenaux au monde. Un autre Israélien, le général Yaïr Naveh, chef d'état-major adjoint, a lui aussi récemment affirmé que «la Syrie a accumulé le plus important arsenal d'armes chimiques du monde».
Slate préfère rester prudent, rappelant que la guerre contre l'Irak a été justifiée, il y a moins de dix ans, «par le trio Bush - Blair - Aznar qui, la main sur le cœur, avait martelé que la paix du monde était menacée par les armes chimiques irakiennes qui n'existaient pas».
Il est quasiment impossible de faire une estimation exacte de la taille des stocks du régime syrien estime un autre Blair, Charles de son prénom, spécialiste en armes chimiques et biologiques à la fédération des scientifiques américains. Il estime par ailleurs que le régime aurait détruit la majeure partie de son stock l'an dernier.
Dans un article consacré à la question, Le Point cite un rapport du Centre d'études stratégiques et internationales de 2008, où il apparaît que Damas aurait bénéficié de l'aide de l'Union soviétique, puis de l'Iran pour construire des centres de production et être approvisionné en matériel.
Un autre rapport, émanant du Centre d'études sur la non-prolifération, fait état de quatre à cinq usines d'armes chimiques proches d'Alep, Damas et Hama. D'autres sources évoquent une cinquantaine de dépôts d'armes chimiques. Les stocks comprendraient du gaz moutarde, du gaz sarin et du VX, un gaz innervant mortel. Tous ces produits peuvent être lancés par missiles Scud, par l'artillerie ou par des frappes aériennes.
En février, des responsables américains avaient estimé dans la presse qu'il faudrait plus de 75 000 hommes pour sécuriser ces sites.
Le Point précise que, depuis la Seconde Guerre mondiale, seul Saddam Hussein a employé cette arme durant la guerre Iran-Irak et pour punir les populations kurdes d'Irak qui avaient soutenu Téhéran. Ces massacres ont tué près de 200.000 personnes. Utiliser le stock syrien ne ferait «que fournir un alibi à une intervention internationale», ajoute Charles Blair.
Partageant cette ligne, Günter Meyer, directeur de l’Institut de recherche sur le monde arabe de l’Université de Mayence, considère que «même en admettant que Bachar el-Assad possède un tel arsenal, il sait parfaitement qu’en utilisant des armes chimiques contre sa population, il franchirait une ligne rouge et qu’il provoquerait ainsi une réaction massive de la communauté internationale. Dans ce cas de figure, même la Russie ne pourrait plus continuer à soutenir le gouvernement syrien».
DN
15'
12'
18'