Alors que le programme de François Hollande prévoit la création d'une banque publique d'investissements pour soutenir les PME, une certaine Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) pourrait servir d'inspiration.
Son modèle ? Le Crédit national français, banque "semi-publique" (statut privé mais pouvoir décisionnel étatique) créée en 1919 pour financer la reconstruction du pays.
Le nom de la banque publique allemande, littéralement "institut de crédit pour la reconstruction", trahit cette approche de l'investissement d'après-guerre.
Mais depuis sa création en 1948, la KfW a eu le temps de se diversifier. En 2011, sur les 70 milliards d'euros de prêts accordés:
Côté développement, KfW peut se targuer d'avoir augmenté son bilan de près de 100 milliards d'euros en deux ans, en passant de 400 milliards en 2009 à 494,8 milliards en 2011.
Dans la période 2007-2008, de grosses secousses ont tout de même fait trembler la KfW sur ses bases, notamment à cause de ses investissements dans Lehman Brothers et les banques islandaises.
Mais la banque s'est relevée extrêmement vite, affichant 2 milliards d'euros de bénéfices en 2011.
La possession de 80% de ses actions par l'Etat fédéral allemand lui permet d'être évaluée triple A par les agences de notation.
Toute la difficulté pour la future banque publique d'investissements voulue par Hollande sera de donner rapidement confiance aux investisseurs, sans avoir la garantie d'un triple A.
Raphaël da Silva