"Il y a beaucoup de psychologie dans les mécanismes de la Grande Région", résume le président du Conseil économique, social et environnemental de Lorraine (CESEL), Roger Cayzelle.
"Il faut apprendre la logique des uns et des autres selon d'où ils sont, ajoute-t-il. Du côté français comme des côtés luxembourgeois et sarrois, les rythmes sont différents mais tout le monde partage une forte volonté de voir la Grande Région progresser".
Mettre en place un exécutif qui se réunisse vraiment est l'une des priorités dressées par le CESEL pour catalyser le développement de la Grande Région. Accélérer le calendrier des rencontres également.
Le CESEL met aussi en évidence le rôle incontestable de centre de gravité de la Grande Région qu'a pris le Luxembourg.
"Il y a le fait que les décisions soient un peu plus faciles à prendre au Grand-Duché que dans un état centralisé comme la France, confirme M. Cayzelle. La volonté politique très ancienne de ce rapprochement, partagée avec la Sarre, y est aussi pour beaucoup."
Selon le CESEL, la conjoncture difficile ne permet pas de grosses dépenses sans pour autant empêcher des actions pertinentes.
"La mise en réseau n'est pas très coûteuse en soi, et elle est fortement souhaitable entre les clusters de l'automobile et de l'environnement, explique Roger Cayzelle. L'harmonisation des systèmes de santé doit être également traitée au plus vite."
L'amélioration de l'offre de transports dans la Grande Région est également un axe prioritaire, que les chiffres impressionnants de l'emploi frontalier en Lorraine (+66.700 travailleurs dans la période 1990-2010) ne peuvent que l'encourager.
"Le scénario idéal, presque utopique, serait que de plus en plus de gens de la région prennent davantage le train, détaille M. Cayzelle. Pour cela, il faut améliorer l'offre entre la Lorraine et la Sarre, mais également entre la Lorraine et la Belgique", conclut-il.
Raphaël da Silva
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