L'équation électorale posée au président et candidat de l'UMP était difficile. Ses stratèges répétaient depuis des semaines qu'il lui fallait virer à tout prix en tête au soir du premier tour pour espérer créer une «dynamique» et inverser le rapport de force avec son rival socialiste.
A la lecture des résultats de dimanche soir, c'est un échec. Selon les premiers sondages de sortie des urnes, Nicolas Sarkozy se qualifie pour la finale du 6 mai mais avec deux points de retard sur François Hollande et, surtout, un score nettement en retrait par rapport à celui qu'il avait obtenu il y a cinq ans (31,18%).
Le président le plus impopulaire de la Ve République devient le premier président sortant à ne pas s'imposer à l'issue d'un premier tour.
Malgré le ton très à droite de son discours de campagne, le candidat de droite n'est pas parvenu à rééditer le «siphonnage» des voix du Front national réussi en 2007, qui lui avait permis de reléguer Jean-Marie Le Pen à 10,14% des voix. Sa fille Marine Le Pen en a obtenu dimanche près du double (18 à 20%).
En outre, le total des voix de gauche a nettement progressé. A l'inverse du candidat du PS, assuré de bons reports de la part des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (10 à 11%) et d'Eva Joly (2%), Nicolas Sarkozy doit maintenant s'efforcer de rallier les suffrages de ceux de Marine Le Pen et François Bayrou (8 à 9%), alors même qu'ils n'ont pas ménagé leurs critiques contre lui.
Pendant les deux mois de sa campagne, le chef de l'Etat a tout fait pour éviter le scénario d'un référendum pour ou contre lui et tenter de masquer son bilan plombé par les crises financière et économique.
Désormais, pour espérer inverser la tendance, Nicolas Sarkozy dispose de quinze jours pour attirer en même temps vers lui les électeurs du FN et ceux du MoDem dans un difficile grand écart. Vu le très haut score obtenu par Marine Le Pen, il devrait largement se concentrer sur ceux du Front national.