«Le 2 juillet 1992, après avoir été absent des kiosques pendant onze ans, Charlie Hebdo reparaissait. Charlie espérait tenir un an ou deux. Mais rien ne s'est passé comme prévu. Un jour, Charlie est arrivé à sa cinquième année, puis ce fut sa dixième, et même sa quinzième année d'existence», rappelle Charlie Hebdo.
«À chaque année surmontée, Charlie s'étonnait d'être toujours en vie. Assailli de procès, menacé, tabassé, injurié, et même incendié, vingt ans après, Charlie est toujours là», souligne le journal en quatrième de couverture.
Né après l'interdiction de Hara-Kiri Hebdo après sa Une ravageuse sur la disparition de de Gaulle (»Bal tragique à Colombey, un mort»), Charlie Hebdo sort pour la première fois en 1970. Le titre est baptisé Charlie Hebdo en référence à Charlie Brown, un des personnages des «Peanuts» de Charles M. Schulz, que l'hebdomadaire sera le premier à publier en France.
Dirigé à l'époque par Cavanna et Georges Bernier, alias Professeur Choron, le titre prospère avant d'être ruiné par les procès et délaissé par ses lecteurs. Il met la clé sous la porte en 1981 après 580 numéros. Il reparaîtra en 1992 avec plusieurs collaborateurs de la première heure.
Résolument libertaire, il sera la cible d'islamistes en février 2006 après avoir publié des caricatures de Mahomet dans un numéro aux ventes record de 400.000 exemplaires. S'en suivra un procès et une relaxe.
Fin 2011, les locaux du journal sont détruits par un incendie criminel et son site piraté par des extrémistes islamistes après un numéro spécial baptisé Charia Hebdo. L'enquête n'a toutefois pas démontré à ce stade de lien entre ces deux affaires. Temporairement hébergé chez Libération, la société éditrice de Charlie s'est installée depuis dans de nouveaux locaux.
Pour les 20 ans de sa reparution Charlie promet pour octobre un «beau livre anniversaire».
Charlie Hebdo a un tirage moyen hebdomadaire de 100.000 exemplaires, avec 15.000 abonnés et des ventes en kiosque de l'ordre de 45.000 exemplaires.
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