Sur plus de 600 m2, plusieurs salles d'exposition retracent l'histoire de la montgolfière et du ballon à gaz, du premier vol humain en 1783 par Jean-François Pilâtre-de-Rozier aux compétitions internationales actuelles. Le musée, inauguré début septembre, ouvre gratuitement ses portes lors des Journées du patrimoine.
"Etonnamment, les révolutionnaires se sont désintéressés du ballon. Les services postaux, eux, en ont tout de suite compris l'intérêt. Mais il a fallu attendre les années 1960 pour que les montgolfières reviennent en force", observe le patron du musée, qui s'est ouvert début août.
Aujourd'hui, on trouve des constructeurs en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en République tchèque et aux Etats-Unis.
Au fil de cette exposition permanente, que le maître des lieux a fourni d'objets et souvenirs de son illustre famille, le visiteur découvre de véritables cabinets de curiosité autour de la montgolfière, indémodable objet de fantasmes.
"La montgolfière, le ballon, c'est gros, écolo, ça génère le rêve", résume Philippe Buron-Pilâtre, entouré de véritables nacelles qui jalonnent le parcours muséographique.
"On la trouve partout, imprimée sur tous les objets, tous les textiles", poursuit-il, devant des vitrines qui débordent de produits de tous types, de toutes époques et de toutes factures, de la babiole pour enfant à la vaisselle en cristal de Baccarat siglée de montgolfières.
L'aéromusée de Chambley, qui se veut historique et pédagogique, propose par ailleurs un centre de documentation unique, à destination des chercheurs et des étudiants.
"Dans notre bibliothèque, on trouve absolument tout ce qui a été écrit depuis un siècle sur l'aéronautique, notamment avec des écrits rares, des journaux que nous sommes en train de numériser", s'enthousiasme M. Buron-Pilâtre.
"Nous voulons devenir un pôle d'excellence et de référence", ambitionne celui qui a créé il y a 24 ans la plus importante biennale d'aérostation au monde, le Mondial Air Ballon, à Chambley. Ce rassemblement, dont la prochaine édition aura lieu en juillet 2013, surpasse désormais celui d'Albuquerque (Etats-Unis).
Il s'emploie à développer cette plate-forme consacrée à l'aéronautique à Chambley, «à la faire vivre toute l'année et pas seulement lors de la biennale», sur une base aérienne de l'Otan abandonnée en 1967.
Le nouvel aéromusée rend d'ailleurs hommage à ce passé militaire à travers une exposition et notamment à Michael Collins, le «troisième homme» de la mission Apollo 11 avec Neil Armstrong et Buzz Aldrin, et qui a été en poste à Chambley dans les années 50.
"Ceux qui ont vécu ici reviennent régulièrement: il y a un rassemblement de 300 vétérans tous les deux ans, nous avons voulu qu'ils retrouvent une part de la base de l'OTAN", explique Philippe Buron-Pilâtre, qui consacre sa vie au ballon.
"Chez mon arrière grand-père, Emile Pilâtre de Rozier (1879-1969), le portrait de Jean-François Pilâtre était accroché au-dessus de mon lit", raconte ce dandy espiègle. "Un beau matin, il m'est tombé sur la tête. C'était un signe!"
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