Multimedia Publié le 05.06.12 11:25

Bloquer les GSM volés ne sert plus à rien

Des policiers parisiens ont récemment  découvert dans plusieurs magasins dans l'est de la capitale un logiciel capable  de débloquer et réactiver les téléphones portables volés, obligeant les  autorités à réfléchir avec les opérateurs à de nouvelles mesures à mettre en  place.  

Photo: AP

(AFP). - L'idée de bloquer les téléphones portables volés, une mesure contenue dans  la loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2) votée en mars 2011, était censée  enrayer la hausse des vols pendant un moment... Elle n'aura finalement  fonctionné que quelques mois.

«De toute façon on se doutait bien qu'un jour ou l'autre, le blocage des  téléphones allait sauter. Techniquement, les voyous trouvent toujours une  solution», résume une source policière.

Avec cette mesure, les opérateurs ont en effet l'obligation de bloquer sous  quatre jours les mobiles volés après le dépôt de plainte au commissariat. L'opérateur transmet le numéro d'identification du téléphone (numéro Imei) à une  banque européenne implantée à Dublin en Irlande. C'est ensuite cette banque qui  bloque le téléphone, censé le rendre inutilisable.  

«Cette mesure a clairement porté ses fruits», rappelle un enquêteur. Dans la  capitale, les vols de téléphones portables ont en effet baissé de près de 20% entre avril 2011 et avril 2012. Mais la parade apparaît désormais à bout de souffle.  

ZX3, le logiciel interdit

La police parisienne vient en effet de révéler une faille béante du système:  un logiciel baptisé «Z3X» que les enquêteurs ont retrouvé récemment dans une  cinquantaine de magasins de téléphonie de l'est parisien. Ce logiciel permet de réactiver les téléphones bloqués, soi-disant inutilisables, afin de les remettre sur le circuit, en reprogrammant le numéro  Imei. Ce délit est passible de deux ans d'emprisonnement et 37.500 euros  d'amende, rappelle une source policière.

Une fois débloqués et réactivés, ces téléphones sont ensuite remis en vente  dans certaines officines, ou alors dans la rue, à la sauvette, ou sur internet. «Les acheteurs éventuels ne peuvent pas savoir que le téléphone qu'ils achètent  a été volé», explique un enquêteur. Et si cette barrière tombe, le risque d'une  nouvelle recrudescence de vols de téléphones n'est pas à exclure.  

Depuis maintenant plusieurs semaines, le ministère de l'Intérieur cherche   la riposte. Des réunions ont été organisées avec la Fédération française des  télécoms, regroupant les différents opérateurs.   Parmi les pistes évoquées: une meilleure traçabilité du téléphone et un  accès plus simple au numéro Imei. Celui-ci est en effet rarement connu des  utilisateurs lorsqu'ils viennent déposer plainte, ce qui peut freiner l'enquête. 

Ce numéro est visible sur la facture de téléphone ou bien récupérable sur  Internet, sur le site mobilevole-mobilebloque.fr, explique une source policière. «Nous souhaiterions qu'il y ait un gravage synthétique sur le portable du  numéro Imei directement sur le téléphone», explique Franck Carabin, porte-parole  de la direction de la sécurité de la proximité de l'agglomération parisienne  (DSPAP).   La réflexion porte également sur la mise en place de signaux silencieux, qui  indiqueraient de manière régulière dans la journée la borne la plus proche.  

«Nous souhaiterions in fine que les constructeurs puissent mettre en place  un dispositif qui permette de rendre totalement inutilisable le téléphone  portable à distance lorsqu'il est volé», ajoute Franck Carabin.   Une chose est en tout cas certaine selon une source policière, «il va  falloir vite trouver quelque chose».

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