La procureur du Roi d'Arlon faisant fonction, Patricia Devaux, a estimé, tout comme les avocats de la défense, que Gilles S. (31 ans lors des faits) était en situation de légitime défense au moment d'utiliser son arme.
Les avocats de la famille du malfaiteur décédé, qui était partie civile, demandent que le policier soit reconnu coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
L'affaire avait débuté au Pall Center d'Oberpallen, en pleine nuit, après une tentative de cambriolage dans une station-service. Une course poursuite s'était engagée entre la police luxembourgeoise et les truands, jusque dans les environs d'Arlon où les deux cambrioleurs avaient dû se résoudre à fuir à pied après une panne de voiture.
L'un des trois policiers luxembourgeois à leurs trousses, Gilles S., se sentant menacé, avait alors sorti son arme et fait feu, blessant mortellement l'un des deux malfrats d'une balle dans le dos. Son complice avait réussi dans un premier temps à disparaître dans la nature, mais avait été arrêté quelques jours plus tard.
A la veille du procès, il prétendait que lui et son complice ont été «tirés comme des lapins, sans aucune sommation».
Dans son témoignage, le policier luxembourgeois assure avoir lancé des sommations et vu l'un des deux suspects effectuer un geste suspect sous son manteau, comme s'il voulait sortir une arme.
Cette version des faits est la même que celle de l'un de ses deux collègues présents sur place. L'autre fonctionnaire de police était trop loin de l'action pour avoir vu la scène.
Pour la famille de l'homme décédé, le policier luxembourgeois a agi de manière disproportionnée et tiré volontairement dans le dos du fuyard. Le jugement sera rendu le 13 septembre.
DH
28'
16'
26'
L'actualité vue autrement grâce aux infographies et autres visualisations réalisées par Wort.lu. Elles sont réunies dans ce dossier special sur le datajournalisme à la mode luxembourgeoise.