Ana Ivanovic: "Je suis quelqu'un de très émotionnel"

Entretien avec la Serbe Ana Ivanovic (WTA 23, tête de série n°5) avant son match du premier tour mercredi face à Virginie Razzano

Ana Ivanovic tout sourire: la Serbe se sent comme un poisson dans l'eau à Luxembourg
Photo: Mélanie Jeusette

Vingt-troisième joueuse mondiale, et plus affûtée que jamais, la Serbe Ana Ivanovic (23 ans) est de retour à Kockelscheuer, le lieu de ses grands débuts sur le circuit WTA en... 2003 et de sa victoire en 2007.

Ana, cela fait plaisir de vous revoir à Luxembourg. Comment allez-vous?

Je suis très heureuse d'être ici, comme à chaque fois. Je me suis rétablie après mon abandon en quarts de finale à Pékin il y a dix jours. Je suis d'ailleurs accompagnée ici de mon physio. Je souffrais du bas du dos; c'est une blessure, une sorte de dégénération vertébrale, qui était probablement déjà présente depuis quelques temps et qui s'est enflammée, et qui me fait souffrir notamment quand je fléchis les jambes. C'est sans doute un mal qui ne disparaîtra pas de sitôt, et c'est pourquoi je dois faire très attention. Mais j'ai de bonnes sensations, je frappe bien dans la balle et je suis assez fraîche physiquement et dans ma tête

Quel effet cela vous fait-il de revenir à Kockelscheuer?

C'est vraiment super d'être de retour ici. C'est un grand tournoi. Je me rappelle parfaitement avoir accompli mes premiers pas sur le circuit WTA ici à Luxembourg en 2003. Je n'apparaissais même pas dans le ranking, et ils avaient été très gentils de me donner une wild-card pour les qualifications. En retour, je leur avais formulé la promesse de revenir au moins quatre fois par la suite. C'est quelque chose que je n'oublierai jamais. Après mon abandon à Pékin, et pendant ma convalescence, j'avais dis à mon coach: "Je veux absolument être à Luxembourg", car c'est un endroit plein d'émotions et de souvenirs pour moi. Outre mon premier tournoi professionnel, j'ai aussi remporté le titre ici en 2007. C'est donc un événement très, très spécial pour moi.

L'objectif d'Ana Ivanovic en 2012 est de réintégrer le Top 10 et de gagner un nouveau tournoi du Grand Chelem
Photo: Sportbiller

Vous êtes entraînée par Nigel Sears depuis juillet et vos sensations avec lui sont bonnes...

Oui, c'est exact. Nous avons entamé notre collaboration après Wimbledon, et avons poursuivi le même objectif: améliorer mon jeu, qui avait besoin de plus de structure et de consistance. L'année prochaine, l'objectif est de réintégrer le Top 10, et je l'espère, gagner un nouveau tournoi du Grand Chelem.

Quel chemin vous reste-t-il à parcourir pour atteindre ces objectifs?

Je suis persuadée que mon jeu est bien là, et peut me permettre de les atteindre, je dois juste apprendre à mieux gérer la pression. J'ai eu beaucoup plus de sollicitations après avoir gagné un Grand Chelem et occupé la place de n°1 mondiale, et j'ai aussi généré énormément d'attentes. C'était devenu comme un nouveau boulot pour moi, entre ce que je devais faire à gauche, et à droite pour répondre à ces sollicitations. C'est très dur. Mais je crois m'être débarrassée de tous ces à-côtés extrasportifs, avoir retrouvé le goût de la compétition et être revenue sur le bon chemin, celui du jeu lui-même.

Expliquez-nous un peu plus en détail cette relation particulière entre une joueuse du top et son coach...

C'est très particulier et parfois un peu compliqué. Car vous êtes très souvent ensemble, à temps plein, même plus qu'avec votre petit ami ou avec votre famille. C'est une relation très intime, en fait. Mais c'est amusant, aussi, car, dans un sens, c'est la joueuse qui est le boss. Même si bien sûr, c'est le coach qui vous dit ce qu'il faut faire. Avec un homme, cela tient plus de la relation amicale, je pense. J'imagine que cela doit être plus difficile de se faire dire ce qu'il faut faire par une fille, ce qui immanquablement affecte la relation. Les femmes sont plus émotives que les hommes, et leur humeur plus variable. Mais ce n'est pas notre cas. Nous avons une très bonne communication avec Nigel, et nous savons que nous poursuivons les mêmes objectifs.

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Photo: Mélanie Jeusette

Et pour vous-même, comment décririez-vous votre humeur sur le court?

Je suis quelqu'un de très émotionnel, définitivement. J'ai toujours été ainsi. C'est quelque chose qui est en moi, qui fait partie de ma personnalité. Mais c'est aussi quelque chose que je dois travailler, car quelques fois, cela se retourne contre moi au lieu de me venir en aide.