Mandela dans un «état végétatif permanent»

Le cas de l'ex-président sud-africain  Nelson Mandela, 94 ans, décrit comme étant dans un «état végétatif permanent»  avec une «machine qui le maintient artificiellement en vie», pose la question de  l'acharnement thérapeutique et de la fin de vie.   D'après un document présenté par la famille Mandela à un tribunal, le prix  Nobel 1993 «est dans un état végétatif permanent et est sous assistance  respiratoire pour survivre».

Photo: LW archives

(AFP) -«L'état de santé de M. Nelson Mandela a empiré et les médecins ont conseillé  à la famille Mandela de débrancher la machine (...) la famille Mandela envisage  cette option comme étant très probable», selon ce document.  

Avant sa diffusion, les experts s'interrogeaient sur son état de santé  véritable avec comme seules informations confirmées le fait qu'il était sous  «assistance respiratoire» et qu'il bénéficiait d'une assistance pour le maintien  de ses fonctions vitales (»life support»).  

Etat végétatif chronique  

Il correspond à l'absence de toute activité consciente décelable alors même  que le sujet est en état de veille. L'état végétatif correspond à des lésions  étendues des hémisphères cérébraux avec maintien relatif du fonctionnement du  tronc cérébral. Il est très différent du coma dépassé, qui correspond à la mort  cérébrale, et ne se prolonge que quelques heures ou jours du fait des mesures de  réanimation (définition du Larousse médical). 

Assistance respiratoire  

Nelson Mandela est sous assistance respiratoire. Son but est d'assurer  l'apport d'oxygène et l'élimination de gaz carbonique d'un poumon défaillant.  

Quels types d'assistance respiratoire?  

L'assistance respiratoire non invasive ou ventilation non invasive (VNI)  permet de répondre à une détresse respiratoire chez un sujet généralement  conscient.

Elle se fait avec l'aide d'un masque couvrant le nez ou le nez et la  bouche qu'on peut enlever facilement.

La VNI permet d'assurer une ventilation  satisfaisante en administrant de l'oxygène par le masque.  

L'assistance respiratoire invasive est plus «agressive». Elle passe par une  intubation (tube passé par le nez ou la bouche jusqu'à la trachée). On peut  laisser ce tube quelques semaines, mais il bloque les cordes vocales et empêche  de parler.  

Il existe une assistance respiratoire encore plus invasive avec  trachéotomie, nécessitant une petite intervention pour placer le tube  directement dans la trachée. Cette technique permet une assistance respiratoire  prolongée et permet au patient de parler un peu, car le tube est placé sous les  cordes vocales. 

Cette aide à la respiration utilise une «ventilation mécanique», à savoir un  appareillage - le ventilateur -, qui assiste la respiration spontanée. Elle est  pratiquée dans un contexte de soins critiques (intensifs, urgence, anesthésie).  Le système détecte lorsqu'il y a inspiration et expiration pour aider et rendre  plus efficace la respiration.

 «He is on life support» 

Différentes informations sur Nelson Mandela utilisent le terme anglais de  «life support» ou «life support machine». Ce terme médical général désigne une  assistance pour la maintien de fonctions vitales, généralement dans les unités  de soins intensifs et de réanimation.   Il peut s'agir d'une ventilation mécanique mais aussi d'autre appareillage  pour la maintien de fonctions vitales.

Conséquences de l'arrêt d'une assistance vitale

L'arrêt d'une ventilation artificielle chez un patient en détresse  respiratoire est évidemment le plus souvent fatal.  

Quand on parle de «débrancher» quelqu'un, de quoi s'agit-il? 

Il s'agit généralement de l'arrêt d'une assistance vitale (»life support»),  geste généralement accompagné d'une sédation pour empêcher les souffrances.   Une autre décision peut être de ne pas apporter au patient une assistance  supplémentaire, nécessaire à sa survie immédiate.  

Acharnement ?  

«Où s'arrête le soin raisonnable et où commence l'acharnement ?» s'interroge  le pneumologue Bertrand Dautzenberg, du service de pneumologie et de réanimation  de l'hôpital public parisien de la Pitié-Salpêtrière.

«Il est tout a fait  légitime d'imposer ces traitements à une personne en situation aiguë, mais clairement, vu ce qui a été rapporté depuis des années pour Nelson Mandela, il a un poumon qui est au bout du rouleau», déclare-t-il.