Grogne des enseignants: "La grève est le seul moyen qu'il nous reste!"

Une grève des enseignants est dans les tuyaux et pourrait être décidée "pour la dernière semaine de juin". Les syndicats SEW/OGB-L et APESS ont envoyé des listes d'intention de grève dans tous les établissements scolaires et lanceront un préavis si 50% des 9.000 profs du pays s'y inscrivent.


Photo: Marc Wilwert

"La grève est le seul moyen qu'il nous reste!", sous-entendu, pour nous faire entendre par le gouvernement, lance Patrick Arendt, président du Syndicat Education et Sciences de l'OGBL.

A l'image de la dernière des trois réunions de débats organisée par le SEW/OGB-L et l'APESS (Association des professeurs de l'enseignement secondaire et supérieur), mardi soir dans un centre Atert comble à Bertrange, la grogne gronde dans le secteur de l'enseignement au Luxembourg.

En cause: les réformes de la Fonction publique et de l'enseignement secondaire, "intimement liées" aux yeux des syndicats. Ils rejettent l'idée de la hiérarchisation de la carrière et de l'appréciation des fonctionnaires. "On ne peut pas mesurer le travail de l'enseignement", résume Patrick Arendt.

Mardi soir, pas loin de 500 profs se sont dits "d'accord pour entamer la grève. Les gens sont venus pour ça", raconte-t-il. Avant d'expliquer: "Mais il y a 9.000 enseignants au Luxembourg et il faudrait que 50% des enseignants du fondamental et du secondaire soient prêts à faire grève pour lancer un préavis".

Retour des listes dans les huit jours

Du coup, APESS et SEW/OGB-L ont décidé d'envoyer des listes d'intention de grève dans toutes les écoles et lycées du pays pour connaître précisément le degré de mobilisation du corps enseignant.

Car "on ne veut pas faire un tour d'honneur avec une minorité qui veut se battre, on veut un grand mouvement", résume Patrick Arendt. La date limite pour le renvoi des listes a été fixée au 16 mai. Soit dans huit jours.

Après une année de médiation et de conciliation les syndicats savent que le temps presse. La fin de l'année scolaire approche et le projet de loi portant sur la réforme de la Fonction publique englobant notamment un système d'évaluation est déjà dans les mains de la commission parlementaire.

"Nous demandons clairement que ce projet de loi ne soit pas appliqué. Certains principes de ce projet de réforme sont impossible à introduire dans l'enseignement", juge le président du SEW/OGB-L. Il estime que "la politique d'austérité menée par le gouvernement l'est au détriment des enfants".

Maurice Fick

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