Espace Schengen

Findel: des contrôles plus intensifs

Pierre Matgé

(SW avec AFP) - Les Européens vont faire l'objet de contrôles systématiques aux frontières extérieures de l'UE, en application d'une nouvelle législation européenne qui cible les «combattants étrangers» se rendant ou revenant d'Irak et de Syrie.

«Les Etats membres ont l'obligation de procéder» à ces contrôles «avec consultation des bases de données pertinentes», afin de «vérifier si les personnes franchissant les frontières représentent un danger pour l'ordre public ou la sécurité intérieure», a indiqué à l'AFP une porte-parole de la Commission européenne.

Jusqu'à présent, seuls les ressortissants de pays tiers (hors UE) faisaient l'objet de contrôles systématiques aux frontières extérieures, avec consultation des bases de données disponibles, au moment de leur entrée dans l'Union.

Le nouveau règlement prévoit des contrôles poussés également au moment de la sortie de l'Union et, surtout, il les étend aux ressortissants européens, qui n'étaient soumis jusqu'ici qu'à une simple vérification de leurs documents d'identité.

Les nouvelles règles valent pour tous les pays appliquant le code Schengen en matière de contrôles aux frontières. Le Royaume-Uni et l'Irlande ne sont pas concernés.

Des exceptions ont été prévues. Par exemple, si les contrôles «génèrent de trop longues attentes aux frontières maritimes et terrestres, les Etats membres pourront conduire des contrôles ciblés» dans certains cas, avait précisé le Parlement européen lors de l'adoption du règlement.

Aux frontières aériennes, ils pourront aussi se contenter de contrôles «ciblés» pendant une période transitoire de six mois, avec de possibles prolongations.

Cette législation a été adoptée pour faire face notamment au phénomène des «combattants étrangers». Entre 2.000 et 2.500 Européens partis combattre en Irak et en Syrie seraient encore sur place, selon un rapport du coordinateur de l'UE contre le terrorisme, daté de décembre 2016.

Comment ça se passe au Findel?

Contrairement à ce qui a été annoncé par de nombreux médias luxembourgeois, l'aéroport du Findel ne dispose pas à l'heure actuelle de nouvelle machine pour contrôler l'identité des voyageurs.

Cette «machine spéciale, pour un coût d’un million d’euros, pour effectuer des vérifications plus strictes, qui prévoient notamment un renforcement du contrôle des passeports ainsi que la prise des empreintes digitales» n'est pour l'instant pas mise en place à l'aéroport et ne le sera pas avant l'année prochaine.

Vic Reuter, porte-parole de la police grand-ducale, a apporté quelques précisions: «L'investissement d'un million d'euro pour cette machine, qui existe déjà dans plein d'aéroports à travers le monde, est prévu pour l'an prochain. Actuellement, rien ne change pour les usagers à l'aéroport, il n'y a pas de nouvelle machine», martèle-t-il.

En revanche, l'intensité des contrôles est bel et bien renforcée. «Comme le prévoit le changement opéré par l'UE dans l'espace Schengen, nous contrôlerons systématiquement tous les passeports, de tous les voyageurs», explique-t-il.

Les passeports sont ainsi tous scannés, et sauf en cas de problème, l'attente ne sera pas plus longue. « Ça prend 30 secondes», souligne Vic Reuter.

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