Vers une libération conditionnelle pour Dany Leprince

Le parquet ne s'oppose pas à la libération conditionnelle réclamée par Dany Leprince, condamné à perpétuité pour un quadruple meurtre familial qu'il nie, a annoncé mardi le procureur de la République française de Melun.

Dany Leprince
Photo: AFP

Le tribunal d'application des peines (TAP) de Melun, qui a examiné mardi la demande de Dany Leprince, rendra sa décision le 10 octobre.

«Le parquet ne s'oppose pas à la demande de libération conditionnelle de Dany Leprince, à condition» notamment «que la résidence soit fixée chez son épouse» et que «ce soit avec un placement sous surveillance électronique», a précisé Bruno Dalles à l'issue de l'audience.

Le parquet a émis d'autres exigences, «une obligation d'exercer une activité professionnelle, une obligation de soins» et «une indemnisation plus importante de la partie civile».

«Le parquet, compte tenu du fait que la justice a été fortement critiquée dans le traitement de ce dossier, s'est attaché très scrupuleusement à ce que cette demande soit examinée avec la plus grande attention, la plus grande rigueur, et que l'intérêt de la victime partie civile soit respecté», a ajouté M. Dalles.

L'avocat de Dany Leprince, Me Yves Baudelot, n'a pas souhaité s'exprimer auprès de la presse à la sortie de l'audience, qui s'est tenue à huis clos au sein du centre de détention de Melun, où Dany Leprince est incarcéré.

Dany Leprince, 55 ans, a toujours nié ce quadruple meurtre familial, pour lequel il est en détention depuis 17 ans.

Ce tribunal, qui n'est pas compétent pour se prononcer sur sa culpabilité ou son innocence, a mis sa décision en délibéré.

Cette demande est la dernière démarche en date engagée par un détenu qui a mené en vain une lutte acharnée pour prouver son innocence.

En avril dernier, le TAP de Melun avait ouvert la voie à son éventuelle libération conditionnelle, en levant la peine de sûreté de 22 ans qui accompagnait sa condamnation à perpétuité.

En 1997, Dany Leprince avait été jugé coupable des meurtres de son frère, de sa belle-sœur et de deux nièces de 7 et 10 ans, tués à coups de hachoir, et retrouvés dans la maison familiale de Thorigné-sur-Dué (Sarthe).

Accusé par sa femme et sa fille dans des versions qui ont varié, Dany Leprince avait avoué en garde à vue le seul meurtre de son frère, avant de se rétracter. Il a, depuis, toujours clamé son innocence.