Un référendum est prévu en avril

Juncker appelle les Néerlandais à ne pas s'opposer à l'accord UE-Ukraine

Jean-Claude Juncker et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, le 7 janvier
Photo: Reuters

La Haye, 9 jan 2016 (AFP) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé samedi les Néerlandais à ne pas s'opposer à l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine lors du référendum prévu en avril, estimant qu'un non pourrait provoquer une "crise européenne".

Trois organisations eurosceptiques aux Pays-Bas sont parvenues à obtenir un référendum non contraignant sur la question, prévu le 6 avril, en récoltant plus de 300.000 signatures.

Un non néerlandais "pourrait ouvrir la voie à une crise européenne", a estimé M. Juncker dans une interview publiée samedi par l'influent quotidien NRC.

Ne transformons pas ce référendum en un vote sur l'Europe

"Ne transformons pas ce référendum en un vote sur l'Europe", a ajouté le président de la Commission européenne. "J'espère sincèrement que (les Néerlandais) ne voteront pas en faveur du non, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le traité lui-même".

Même si le référendum n'est pas contraignant, il sera vraisemblablement suivi de près dans un pays où les eurosceptiques caracolent en tête des sondages en vue des élections législatives de 2017.

Si le non l'emporte, c'est la Russie "qui en sera le grand bénéficiaire", a souligné M. Juncker.

L'accord de libre échange conclu entre Kiev et l'UE est entré en vigueur le 1er janvier. Il vise à renforcer le dialogue politique ainsi que les échanges économiques et commerciaux entre l'UE et l'Ukraine.

Le refus en 2013 de l'ancien président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch de signer cet accord avait entraîné la révolte sur la place Maïdan, à Kiev, et sa chute.

Lors d'une visite aux Pays-Bas en novembre, le président ukrainien, Petro Poroshenko, a salué l'accord comme le début d'une nouvelle ère pour son pays.

Moscou, de son côté, voit cet accord d'un mauvais œil, et le considère comme un empiètement des Européens dans sa sphère d'influence.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, dont le pays vient de prendre la présidence tournante de l'UE, a indiqué qu'il évaluerait les conséquences du référendum une fois son résultat connu. Son gouvernement jugera alors si des changements de politique sont nécessaires.