Présidentielle en France

Le dernier round télévisé bouleversé par l'attentat

Emmanuel Macron a été le premier en mesure de réagir hier soir sur le plateau à l'attentat des Champs-Elysées
AFP

(AFP) - Le dernier round télévisé des onze candidats sur France 2 a été bousculé jeudi soir par l'attentat mortel visant des policiers sur les Champs-Elysées, revendiqué par l'organisation Etat islamique, à trois jours d'un premier tour virant à un imprévisible «match à quatre».

A la suite de la fusillade dans laquelle un policier a été tué et deux policiers et une passante blessés, François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont annulé leurs derniers déplacements de campagne prévus vendredi.

«Je veux vous protéger, j'y suis prêt. Mais nous devons pas aujourd'hui céder à la peur», a appelé M. Macron. «Nous ne devons en aucune façon donner le sentiment à nos assaillants que nous nous divisons, que nous cédons en quelque sorte à leur diktat. C'est ce qu'ils attendent. Et c'est leur piège».

Ne «pas interrompre le processus de notre démocratie»

Pour Jean-Luc Mélenchon, «les criminels ne seront jamais impunis dans ce pays et leurs complices ne seront jamais oubliés», mais il ne faut «pas interrompre le processus de notre démocratie de manière à bien démontrer que les violents n'auront pas le dernier mot contre les républicains».

Quant à Marine Le Pen, elle a dit vouloir mettre en place «un plan d'attaque» contre «ce terrorisme islamiste». «C'est fini le laxisme, c'est fini la naïveté, on ne peut pas laisser à nos enfants un pays impuissant à les défendre», a lancé la candidate FN.

Confusion sur le plateau

Peu après l'attaque survenue à 21H00, alors que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen étaient notamment déjà passés dans cette dernière émission politique avant le premier tour, les premières rumeurs de coups de feu sur la plus célèbre avenue de Paris apparaissaient sur les réseaux sociaux.

Les journalistes David Pujadas et Léa Salamé continuaient d'interroger les candidats en tenant les téléspectateurs informés en direct des circonstances encore floues des conditions des tirs qui ont tué un policier et blessé un autre.

Emmanuel Macron a été le premier en mesure de réagir à l'antenne, à 22H15. «Cette menace, cet impondérable, fait partie du quotidien des prochaines années. Je veux témoigner toute ma solidarité à l'égard de nos forces de police et plus largement nos forces de l'ordre. Et je veux avoir une pensée pour la famille de la victime», a-t-il dit.

Les autres candidats déjà passés, comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, réagissaient sur les réseaux sociaux, alors que le Premier ministre Bernard Cazeneuve se rendait à l'Elysée retrouver le président Hollande, qui s'est exprimé en fin de soirée, affirmant que la piste de l'attaque est «d'ordre terroriste».

La confusion dominait sur le plateau de France 2, comme lorsque le candidat Jean Lassalle évoquait vers 23H00 la mort du deuxième policier blessé, démentie par le ministère de l'Intérieur, ou quand M. Fillon a évoqué «d'autres violences en cours», elles aussi démenties par les autorités.