Les médias réfléchissent sur leur avenir à Metz

Presse, télé, internet, faut-il encore faire une distinction entre les médias? Comment ceux-ci intègrent-ils les constantes innovations du web? Des questions sur lesquelles journalistes de toute la France et universitaires planchent à Metz.

Eric Scherer, directeur de la prospective et de la stratégie numérique chez France Télévision a retracé les dernières évolutions de diffusion de l'information.

Twitter est-il devenu « une agence de presse gratuite, mondiale, en temps réelle », comme le pense Eric Scherer, directeur de la prospective et de la stratégie numérique chez France Télévision? L'affirmation a fait débat parmi les intervenants d'Obweb mais aussi … sur Twitter. Car les 3e entretiens du webjournalisme organisés ces jeudi et vendredi à l'université Metz sont bien sûr accessibles en ligne et suivis par des journalistes multimédias au-delà du simple amphi Arendt.

L'anecdote illustre bien le thème choisi cette année: journalisme et innovation. Il y a cinq ans, il fallait être sur place pour profiter des débats, aujourd'hui, les innovations technologiques ont changé notre manière de consommer de l'information. Internet et surtout les réseaux sociaux ont changé la donne, nous assistons à une «démocratisation de la parole publique», «le journaliste n'est plus le seul à dire au monde qui il est», souligne Eric Scherer.

Obama et Redbull se passent des médias

Les «breakingnews» se retrouvent désormais sur Twitter avant d'être diffusèes par les agences de presse, la photo de l'ouragan Sandy qui a le plus circulé dans le monde n'est pas l'oeuvre d'un photographe professionnel. Pire: ce ne sont pas les médias qui l'ont diffusés mais les réseaux sociaux. Barack Obama, l'homme le plus influent de la planète, communique directement avec le public via les réseaux sociaux. RedBull assure lui-même la diffusion des images du saut stratosphérique de Baumgartner et cet événement est regardé par huit millions de personnes sur la chaîne Youtube Redbull.

Autour de la table, des professionnels des médias et des universitaires.

Face à cette redistribution des cartes de l'information, les médias ne restent pas inactifs et innovent. Il y a d'abord un mélange des genres: les journaux font de la télévision, les écrans deviennent de plus en plus mobiles. Il y a ensuite l'innovation sur les nouvelles formes de présentation de l'information.  Aujourd'hui, les infographies sont en vogue, les "lives aussi". Et d'autres forment émergent peu à peu.

Penser aujourd'hui l'information de demain

C'est ce qu'ont montré les intervenants présents hier matin. Un journal comme Le Monde emploie une centaine de personnes dans son service interactif et réfléchit déjà aux prochaines façon de diffuser l'information, au-delà de son site internet et de ses applications mobile, explique Jean-Michel De Marchi, rédacteur-en-chef adjoint de Satellinet. Autre exemple, L'Express a créé une petite unité en lien avec ses services internet chargée de repérer des start up innovantes sur les contenus médias et de les aider à se développer.

Les entreprises de médias ne se limitent plus à la production d'information. L'Agence France Presse a ainsi lancé plusieurs projets innovants et sollicité des financements européens et français pour cela.

Si l'importance de l'innovation technologique et rédactionnelle semble bien comprise par les intervenants des débats et les grands groupes de presse, la diffusion de l'innovation au sein des entreprises de presse est plus difficile. Ce thème sera au centre des débats lors de la deuxième journée des rencontres du webjournalisme.

Linda Cortey

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