Film anti-islam: les violences se propagent dans le monde musulman

Des manifestations anti-américaines  liées à un film injurieux à l'égard du prophète Mahomet ont gagné lundi  l'Indonésie et l'Afghanistan et fait deux morts au Pakistan, alors que le chef  du Hezbollah a fait une rare apparition lors d'un rassemblement monstre à  Beyrouth.

(Photo: Reuters)

L'Afghanistan, en proie à l'insurrection talibane, et l'Indonésie, pays  musulman le plus peuplé de la planète, ont connu lundi leurs premières violences  depuis le début de «l'affaire du film anti-islam».  

A Kaboul, des hommes armés se trouvant parmi les manifestants ont ouvert le  feu pendant une manifestation. La police a décidé de ne pas riposter pour ne pas  exciter davantage les protestataires, a assuré le chef de la police Mohammad  Ayoub Salangi, sur qui on a tiré «trois fois».   «Je suis chanceux», a-t-il observé, remarquant qu'il n'avait été touché que  par un jet de pierre. Tout comme lui, entre 40 et 50 policiers ont été  légèrement blessés.

La mobilisation a mis du temps à se radicaliser en Afghanistan, où les  insultes proférées contre l'islam sont généralement prises très au sérieux. Les multiples appels au calme des autorités politiques et religieuses ont  vraisemblablement permis de stabiliser une situation potentiellement explosive.

Des émeutes après que des exemplaires du Coran eurent été brûlés sur une base  américaine avaient fait 40 morts et 200 blessés en février.  

En Indonésie, nation qui par sa population est le plus grand pays musulman  du monde, les manifestants, dont de nombreux sympathisants de groupes  extrémistes, ont lancé des cocktails molotov et hurlé des slogans  anti-américains, alors que la police répondait avec des canons à eau et des tirs  de sommation pour disperser quelque 700 personnes rassemblées devant l'ambassade  des Etats-Unis à Jakarta.   

Sanaa, la capitale du Yémen, a connu de nouvelles marches, cette fois-ci  pacifiques. «Dégage, esclave du diable», ont crié des centaines d'étudiants à  l'intention de l'ambassadeur américain. «Couards Américains, le prophète ne peut  pas être insulté», ont scandé d'autres.     

«Une mobilisation sérieuse»

Le chef du Hezbollah chiite libanais, Hassan Nasrallah, a fait une rare  apparition en public lundi, s'en prenant aux Etats-Unis devant des dizaines de  milliers de partisans à l'occasion d'une manifestation à son appel pour  protester contre le film anti-islam.  

«Il ne s'agit pas d'un mouvement passager ou d'un défoulement mais du début   d'une mobilisation sérieuse qui doit se poursuivre à travers toute la nation  islamique pour défendre le Prophète» Mahomet, a lancé M. Nasrallah.  

Dimanche, il avait appelé ses partisans à «montrer au monde entier leur  colère» contre le film, dans plusieurs manifestations à travers le Liban cette  semaine.   «Les Etats-Unis doivent comprendre que la diffusion de l'intégralité du film  aura dans le monde des répercussions dangereuses, voire très dangereuses», a  prévenu le chef du Hezbollah.  

«Amérique, grand Satan, Israël, ennemi des musulmans» ou «Amérique,  attention, ne touche pas à notre religion !», ont scandé les manifestants.