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Le Luxembourg pourrait tirer avantage du Brexit

Illustration: Shutterstock

Une étude du Statec a évalué les conséquences financières du Brexit pour le Luxembourg. Le pays a des liens étroits avec le Royaume-Uni notamment dans le domaine des services financiers.

En fait, le Luxembourg pourrait bénéficier d'un redéploiement de certaines activités suite au Brexit.

Par contre, l'impact au Royaume-Uni serait négatif dans l'ensemble, à court terme, rappelle le Statec, citant une étude réalisée par le cabinet PricewaterhouseCooper.

Toute l'Europe sera touchée par les conséquences économiques du Brexit. Le Royaume-Uni ayant une place prépondérante dans le commerce mondial.

Le Statec estime que le PIB pourrait baisser de 2,2 à 4,7% suite au Brexit d'ici deux à quatre ans. D'ici à 2030, les conséquences dépendront bien sûr du régime commercial adopté par le Royaume-Uni, mais sont estimées entre -1,2 et -5,4%.

Cela dit, le Statec précise que ces résultats sont à considérer avec précaution: ces résultats «peuvent largement diverger selon les hypothèses retenues». En parlant d'impact négatif, le Statec précise qu'il s'agit d'une «croissance PIB moins forte» que si le Royaume-Uni était resté dans l'Europe. Cet «impact négatif» n'est pas la prédiction d'une catastrophe économique.

Concernant le secteur financier, de la City de Londres, plusieurs cas de figure sont envisagés. Après une phase de deux ans d'incertitude, la City pourrait connaître une importante baisse d'activité qui engendrerait une perte de 30.000 à 70.000 emplois, selon que les banques déplacent leurs activités de Londres ou pas.

Import et export de services financiers

Le Royaume-Uni est le cinquième plus grand partenaire du Luxembourg dans le domaine de l'export, et le septième dans celui de l'import. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont chuté depuis dix ans.

L'export de services depuis le Grand-Duché représente 85 milliards d'euros en 2015, dont 14 milliards vont au Royaume-Uni. La moitié concerne les services financiers.

Le Luxembourg importe davantage de services financiers du Royaume-Uni qu'il n'en exporte. Cela est compensé par l'échanges de services non financiers. (16% et 22% respectivement).

Sur les 141 établissements financiers présents au Grand-Duché, 7 sont britanniques. En 2015, le Royaume-Uni représentait 17% des investissements du Luxembourg à l'étranger et 15% du total des investissements des non-résidents au Luxembourg.

Au 1er janvier 2016, 6.000 Britanniques habitent au Luxembourg, ce qui représente 1% de la population du pays.

Fonds d'investissements et gestion de fortune

Qu'est-ce qui pourrait inciter les entreprises financières britanniques à s'implanter au Grand-Duché dans ce contexte du Brexit? Les points forts du Luxembourg dans ce domaine sont les fonds d'investissements et la gestion de fortune. Ces entreprises auraient, de plus, leur porte d'entrée en Europe via le Luxembourg. Cependant la concurrence est forte face à d'autres places financières européennes que sont Francfort, Paris, Amsterdam ou Dublin.

Le Statec cite dans son rapport un article sur Times publié en juin selon lequel les banques HSBC et JP Morgan envisageraient un transfert d'activités au Luxembourg. Il poursuit:

«Début octobre, la société de gestion d'actifs M&G, branche de l'assureur Prudential, avait déclaré au Financial Times prévoir la création d'une nouvelle entité au Luxembourg afin de conserver un accès au marché de l'UE en réaction au vote du Brexit (les investisseurs d'Europe continentale représenteraient 10% de ses actifs, soit un montant d'environ 30 milliards d'euros), une annonce qui s'est concrétisée au début de 2017. Enfin, les fonds américains Blackstone et Carlyle auraient prévu une implantation au Luxembourg dans la perspective du Brexit.»

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