Fintech

Nicolas Buck relance la "sandbox"

Passé par le FinTech Paris, Nicolas Buck est revenu conforté dans l'idée de l'utilité d'une sandbox
Anouk Antony

par Thierry Labro

L'équation est très connue dans le monde des entrepreneurs: pour avoir du succès – et bien en vivre – il faut lancer un produit que le marché attend. Pour savoir si le marché attend son produit, certains s'offrent de longues et coûteuses études de marché, qui ne garantissent pas forcément le succès. 

D'autres préfèrent avoir l'occasion de tester leur produit, pendant un temps limité sur un marché donné. Dès qu'on manipule de l'argent ou des services financiers, cela devient compliqué car les régulateurs nationaux veillent à 
protéger les consommateurs, les clients et les entrepreneurs, contre les mauvaises bonnes idées. 

Depuis quelques années émerge un concept, la «sandbox», littéralement le bac à sable, qui permet à ces start-up de prendre la température du marché dans des conditions très précises. 

Cinq exemples dans le monde

C'est le cas à Londres depuis le 5 avril dernier, mais aussi à Abu Dhabi pour la blockchain, à Singapour qui veut devenir le hub mondial des fintechs, en Australie et bientôt au Canada. 

Revenu du «FinTech Forum», la semaine dernière à Paris, où étaient présents une petite dizaine d'entrepreneurs, le directeur de la Luxembourg House of FinTech (LHoFT), Nasir Zubairi, et le 
directeur de l'Economie numérique de Luxinnovation, Eric Busch, le président de la FEDIL, Nicolas Buck, défend trois idées: les fintechs se positionnent de plus en plus comme des partenaires du secteur financier (comprenez «et plus comme des concurrents qui veulent leur succéder»); les régulateurs jouent un rôle clé; et les RegTech (les sociétés qui permettent au secteur financier de se mettre plus facilement en conformité avec les règles des régulateurs) sont en plein boom. 

La deuxième n'est pas nouvelle – nous l'évoquons depuis deux ans – mais elle rassemble de plus en plus de gens au Luxembourg. Contacté hier, le directeur du LHoFT se dit lui aussi favorable à cette idée. 

Un marché trop petit

«Le bon modèle et les objectifs doivent être définis aussi clairement que possible par l'écosystème luxembourgeois», prévient-il toutefois. La commission de surveillance du secteur financier admet seulement que des réflexions doivent s'engager. 

Ce qui paraît pour l'instant extrêmement prudent s'explique très bien. Si le président de la FEDIL ne se cache pas de vouloir secouer le cocotier luxembourgeois, le régulateur sait très bien qu'une sandbox de type londonien ne serait pas du tout adaptée au Luxembourg: le marché est trop petit pour que les entrepreneurs se contentent de tester leur produit 
au Grand-Duché. 

Et s'ils veulent tester leur idée dans un autre Etat membre, frontalier ou pas, le feu vert de la CSSF ne les dispensera pas de devoir respecter la réglementation européenne dans l'Etat membre en question. Forte d'une réputation (ouverture d'esprit, dialogue et positions avant-gardistes comme celle sur les monnaies virtuelles, une première en Europe) régulièrement saluée dans le milieu, la CSSF devra une fois encore montrer son audace... prudente.

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