3D, cartographie, recyclage

Les nouveaux marchés prometteurs de l'espace

Pete Worden et Etienne Schneider visitent le coeur de SSL, où sont fabriqués les satellites du groupe
SIP / Jean-Christophe Verhaegen

à San Francisco, Thierry Labro

Ne dites plus "space mining", préférez "space resources". C'est important. Car depuis ses premiers rendez-vous avec Pete Worden, aux Etats-Unis, il y a quatre ans, le ministre de l'Economie est allé plus loin que son idée initiale. 

Avant qu'une société privée ne puisse ramener un bout de caillou à la valeur incertaine, quinze à vingt années pourraient s'écouler. Surtout qu'on a "seulement" identifié 15.000 des trois millions d'astéroïdes, soit 0,25% de ce potentiel prometteur.

Comment maintenir l'attention sur le Luxembourg sans engloutir des millions d'euros en communication? En élargissant l'initiative de départ à toutes les ressources de l'espace. 

SSL pas intéressée par le Luxembourg

D'où l'intérêt d'une deuxième journée de la mission économique dans l'Ouest des Etats-Unis: dans un quartier mythique où est née la prestigieuse école de communication de Palo Alto dans les années 1950, les vieilles baraques se succèdent sans aucune originalité et les écoles religieuses clament leur ouverture d'esprit.

SSL, un des plus vieux constructeurs de satellites, a installé la totalité de ses activités dans une quinzaine de bâtiments qui commencent à dater. La société ne s'en cache pas même au moment de laisser entrer la délégation sous de strictes conditions de visites - pas de photo, pas d'enregistrement, pas de téléphone, une blouse, un filet sur les cheveux et un masque pour les barbus - elle n'est pas intéressée par l'initiative luxembourgeoise. 

"Dans notre business", dit son premier vice-président, Dave Bernstein, "nos clients nous confient la construction de leur satellite, ils veulent pouvoir débarquer et savoir où nous en sommes. Aller s'implanter en Europe n'aurait aucun sens, même seulement pour la recherche."

De nouveaux marchés où se battre

Autres Galeries

Mais la visite est stratégique pour le ministre: Space Systems Loral a dû et doit en permanence se réinventer pour résister à l'arrivée des nouveaux acteurs des technologies qui, comme des gamins qui feraient un caprice, investissent des milliards de dollars dans des marchés émergents.

SSL a donc développé une nouvelle génération de satellites, qui vont des satellites robotisés à ceux qui peuvent utiliser l'imprimerie 3D pour fabriquer des pièces directement dans l'espace ou ceux qui peuvent être réapprovisionnés en énergie. 

C'est aussi de cela que parlera Johny Dyer, ingénieur en chef de Terra Belle, l'ancienne société de Google spécialisée en observation de la Terre, quelques instants plus tard, dans une conférence menée au pas de charge. Pour l'ingénieur, les années 1990, qui ont vu le succès de sociétés comme la SES, ont cédé la place aux années VC, qui ont bouleversé l'écosystème.

Le nouveau pari de Musk

Les Cubesat, SkyBox, Planet Labs ou Spire, après la crise économique de 2008-2009, ont lancé un mouvement d'"ubérisation du satellite", plus petit, moins cher, avec des risques plus élevés parce les coûts de ces risques ont baissé.

Un cubesat, de la collection de Steve Juvietson. L'investisseur a acheté de nombreux objets de l'aventure spatiale
Thierry Labro

Nouveau signe de l'accélération du secteur: Elon Musk annonçait qu'il comptait prochainement non seulement récupérer le premier étage de son Falcon 9, ce qu'il a réussi à l'occasion du lancement du satellite luxembourgeois SES10, mais qu'il voulait aussi récupérer la partie supérieure. Parmi les questions à régler, comment poser cet étage supérieur qui rentre dans l'atmosphère quatre fois plus vite que l'autre.

Cette prouesse permettrait selon le patron de Space X d'effectuer une vérification de la fusée en 24 heures et de la relancer aussitôt. Les lancements à répétition sont la condition essentielle de révolution pour tous les nouveaux acteurs du secteur, pour leur permettre de tester leurs technologies.

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