Musée d'Orsay à Paris

L'artiste luxembourgeoise Deborah de Robertis expose son sexe devant "L'Origine du monde"

Deborah de Robertis
Screenshot: YouTube

(mlr) - La performance artistique fait le buzz sur internet. L'artiste luxembourgeoise  Deborah de Robertis a été interpelée par la police pour avoir dévoilé son sexe au Musée d'Orsay lors d'une performance qui s'est déroulée dans la salle où est exposé le célèbre tableau de Gustave Courbet, "L'Origine du monde" (1866).

La scène a été filmée par l'artiste vidéaste et postée sur You Tube. Celle-ci a été bloquée car "son contenu ne respecte pas les conditions d'utilisation".

La performance s'est déroulée jeudi 29 mai 2014. Quelques personnes en avaient été informées par une invitation distribuée par l'artiste. Deborah de Robertis était vêtue d'une robe à paillettes dorée. Elle s'est assise sous le tableau de Courbet avant de dévoiler son sexe. Une gardienne du musée s'est alors interposée entre l'artiste et le public. La police, alertée par la sécurité, a interpelé la jeune femme et l'a déférée devant la justice pour exhibitionnisme dans l'espace public. Le procureur de la République n'a pas retenu de charges contre elle et elle a pu être libérée.

Provocation ou art?

Interrogée par wort.lu, Deborah de Robertis indique que la provocation ne l'intéresse pas. "Si l'on fait abstraction du contexte, on pourrait réduire cette performance à un acte exhibitionniste. Mais ce que j'ai fait n'est pas un acte impulsif. C'est très pensé. En montrant mon sexe sous ce tableau précis, dans cette salle, dans ce musée, c'est tout un tableau qui s'est recréé".

L'invitation à la performance expliquait pour sa part: "en provoquant des situations et des rencontres qui, au premier abord, semblent périlleuses pour l’artiste, elle renverse en fin de compte les rôles habituels et déstabilise ceux qui se croient en position de force.  Il s’agit d’une «mise à nu» au sens littéral pour l’artiste, mais aussi réciproque et donc symbolique des rapports de force homme/femme. L’artiste maîtrise et contrôle en fin de compte la situation qu’elle s’approprie et elle en fait son projet artistique".

Cette pièce résulte de la résidence d'artistes effectuée par Deborah de Robertis à la Cité internationale des arts de Paris entre septembre et novembre 2013, à l'invitation du ministère de la Culture du Luxembourg.